800px_Backgammon_board(cliquez ici pour lire le début des vacances avec Salime)

Salime et son mari avaient les mains vides en sortant du magasin de maillots et d’accessoires de plage. La fleur orangée du foulard sur le haut de la tête de Salime ne cachait pas sa contrariété.
Mon mari et moi n’avons rien osé demander. Tous les quatre, nous sommes partis à la recherche d’un hôtel. Dans l’après-midi, nous nous sommes attablés dans une cafétaria en plein air, protégée des rayons ardents du soleil par une belle vigne grimpante.
Salime mangeait un feuilleté au fromage. Moi je buvais un thé brûlant en lorgnant sur la mer à deux pas.
Nos maris jouaient au tric-trac.
Je sentais la sueur couler le long de mon corps et me demandait combien de temps encore durerait ma bonne éducation et mes scrupules.
Au bout d’un moment, tout le monde pensait à la même chose mais personne ne savait comment se sortir de cette situation bizarre Mon mari était de toutes façons heureux de jouer avec son ami. Salime tirait une tête de plus en plus longue. J’ai posé de manière ostentatoire mon verre vide sur la table. Et il a fallu demander l’addition. Mon mari, l'as du compromis depuis sa migration en France, a tout à coup eu une idée:
« - Et si on louait une barque, ou sinon un pédalo ? »


Le tric-trac, ça va ça vient, c’est fabuleux.  Un peu plus au large, loin des regards des moustachus de la plage, on serait bien ! Il est de notorité plublique -  n'est-ce pas -  que tous les Turcs sont moustachus... Il y aurait encore nos quatre yeux à nous sur le corps dévoilé de Salime.. mais cela valait le coup d'essayer: peut-être parviendrait-elle à nous considérer comme faisant partie de son mahrem- son cercle intime ?

Nous essayâmes.