Iles où l'on ne prendra jamais terre

Iles où l'on ne prendra jamais terre

03 janvier 2008

La demande en mariage

Bien-aimé est parti faire une demande en mariage à l’autre bout de la France. Non, non, pas pour lui, rassurez-vous… En tant que personne d’autorité pour l’un de ses jeunes amis turcs. Il était tout surpris que ce jeune lui ait demandé son aide pour une question pareille. Je suis déjà si vieux que ça ! s’est-il exclamé.

Son ami lui a dit : « Le père t’écoutera, tu parles bien, et il a entendu parler de toi en bien. Tu seras une sorte de caution morale pour moi, en l’absence de mon père ».

Bien-aimé était flatté et inquiet. Lui qui a grandi sans père, devoir servir de père de subsitution, le remue profondément. Et si l’entreprise ne marchait pas ? Apparemment le père est opposé à l’idée de marier sa fille à ce jeune. La seule raison de son refus serait, si j’ai bien compris, l’absence des papiers en règle dudit jeune.

Mais le jeune homme travaille depuis longtemps déjà, il paie même des impôts.  Peut-être aurait-il fini, en des temps plus cléments pour l’immigré, par les obtenir ses papiers. Quoi qu’il en soit, il est fou amoureux. Et la jeune demoiselle qu’il fréquente depuis déjà deux ans aussi. Et il semble bien que ce n’est pas pour obtenir un bout de papier qu’il veut épouser la jeune demoiselle d’origine turque et de la même région de Turquie que lui, mais devenue française.

J’ai démandé à Bien-aimé s’il était convaincu que son jeune ami pourrait  être un bon mari. Il s’est sérieusement posé la question et m’a répondu qu’ils les avaient déjà vus tous les deux ensemble les tourtereaux, et que oui, il pensait sérieusement qu’ils s’accordaient bien ces deux-là que cela en valait la peine.

J’ai admiré la démarche du jeune homme qui préférait attendre de réussir à convaincre le père et la famille plutôt que « d’enlever » la jeune fille. C’est lui-même qui m’a expliqué hier soir qu’ils ne voulaient pas se marier sans la bénédiction du père, car cela serait source de tristesse et de conflits ultérieurs. Je les ai trouvés bien sages ces deux-là et ai encouragé Bien-aimé à lui apporter son aide.

Un peu excité, Bien-Aimé  repassait une chemise blanche très respectable hier soir avant de partir et a demandé à ma mère qui était  là comment il pourrait parler. Ma mère lui a dit, bah, après que la jeune fille vous aura servi le café, tu reprends la formule consacrée « Sur l’ordre d’Allah et avec l’autorisation du prophète… »

« Mais non, non, je ne peux pas dire ça, ce n’est pas mon truc, d’ailleurs eux-mêmes ne sont pas pratiquants… s’est exclamé Bien-aimé,  « Quand je pense que je n’ai même pas eu à demander la main de ma propre femme » a-t-il poursuivi… « D’ailleurs, m’a-t-il dit, est-ce que tu crois que ton père est satisfait de moi comme gendre ? »

Etonnée de la question, j’ai ri : « Tu n’as qu’à lui demander toi-même, maintenant que tu parviens à lui parler ! »… ai-je répondu. Ca m’étonnerait qu’il lui demande quoi ce soit de ce genre, mais bon, c'est un autre sujet.…

Bien-Aimé est prudent, il a, avant de partir appelé l’un de ses amis, un patriarche turc respectable et respecté habitant la même région et qu’apparemment le père de la jeune fille connait, pour le seconder dans leur démarche de persuasion.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que le mariage des ces deux là va se faire, et qu’il va durer.

Posté par ada_ à 13:24 - Commentaires [10] - Permalien [#]



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