27 avril 2009
Ha-Lille-cination 3 : Le rouge est une belle couleur
Vous avez raison, la sculpture de "bébé" de Albert Carl-Angst est effrayante.
J'ai eu des frissons dans la piscine de Roubaix, et pas seulement à cause de l'eau.
Je me suis sauvée du bord menaçant du bassin, pour me réfugier dans les cabines de douches sur les côtés. Froide l'eau s'il vous plait. Une exposition de mode franco-russe, tissus et croquis s'y prélassait. Je me suis enroulée mentalement dans un bel imprimé chatoyant et chaud.
Et bizarrement encore une fois je me suis retrouvée dans un cauchemar de rédemption chrétienne. Non ! Pas Marie-Madeleine non non. D'où elle sort celle-là et pourquoi me hante-t-elle ? Ah si je sais: la robe rouge évidemment.
J'ai couru à toutes jambes, de la futilité, de la futilité disais-je. Cherche la futilité avant de sombrer !
Mais je suis tombée sur pire que Marie-Madeleine. Je la garde à l'envers parce qu'elle est renversante.Rédemption ça s'appelle. Commis en 1905 par Julius S. Stewart.
Bon allez je la retourne pour montrer le reste, car c'est le reste qui.... mon dieu mon dieu mon dieu ?
Ô perdition ! J'ai la nausée mais la nausée.
Pour toute gaîté j'ai trouvé ça: Carnaval à l'hôtel, Rémy Cogghe.
Il était temps que ça s'arrête non ?
26 avril 2009
Les bébés dragons / ha-lille-cination 2
Et là rebelote. Mon esprit dont la fièvre ne devait pas être totalement retombée m’a de nouveau fait voir des bébés partout. Et des « maternité » en veux-tu en voilà !
A peine moins effrayants que les bébés dragons de Lille 3000
au fond bien que datant du siècle dernier: 
Et encore un tout joufflu, tout brillant, tout lustré, tout noir: qui porte le simple nom de : "Enfant" (1924, Albert Carl-Angst). C'est lui le père des bébés dragons de la rue Faidherbe, j'en suis sûre. Quoi un bébé papa ?
Au secours !Vu le nom de l'auteur de cette sculpture, la peur est généralisée.
Heureusement, la futilité (celle en robe rouge !) m'a sauvée de la nausée des cachets d'hormone.
Vous avez résolu l'énigme de "Can you stop it ?"
25 avril 2009
Ha-Lille-cination 1
Oui c’est ça, je devais être en train d’halluciner. Quand je suis arrivée à Lille la semaine dernière, j’étais dans un état second, luttant de toutes mes forces pour ne pas sombrer dans le terrible rhume qui avait transformé mon compagnon comme ma fille en lapin albinos à la truffe proéminente et pelée et aux yeux rouges. Déjà que j’avais l’impression d’aller passer mon oral de concours en dilettante, si en plus je passais mon temps à atchoumer, non, vraiment cela n’irait pas.
Je ressentais malgré tout comme un début d’embrumement dans
le cerveau. Alors quand j’ai vu les
énormes « choses noires » qui faisaient le guet des deux côtés de la
rue Faidherbe et même dans la fontaine juste devant la gare, je me suis dit,
« là ma vieille, c’est fini, tu as perdu, tu vas sombrer dans cet état
délicieux de fièvre que tu adores au fond, mais qui tombe quand même un peu
mal… ». Je voyais des bébés monstrueux, noirs laqués, avec des queues
menaçantes de dragons et des crêtes effrayantes. J’ai quand même essayé de comprendre
ce qui m’arrivait…. Mince ! J’étais venue pour faire la preuve de la
vélocité de mon esprit critique, de ma large culture littéraire, et de ma
profonde connaissance des programmes de
l’éducation nationale ! Pas pour montrer les désastres dont était capable mon
imagination corrompue de Nadja de pacotille à l’esprit encombré d’images
faciles et de clichés. J’ai essayé de faire fonctionner mon cerveau : dans
quelle rubrique du programme de lycée ces bébés monstrueux entraient-ils ? 
(photo: La Voix du Nord)
Euh…. Non, pas moyen. Je n’ai pas réussi à faire entrer ces choses dans une catégorie du programme. Trop inconnu. Au collège sûrement, dans ces terres inconnues, d’enfants braillards et remuants. Sûrement trop d’impasses dans mes révisions. Quoi d’autre ?
Non vraiment j’étais en train de délirer et ma raison avait transformé toute la ville de Lille pour me faire réagir. Allez réveille-toi ma vieille. Ces bébés sont là pour te faire un électrochoc. Tu dis que tu veux un deuxième bébé c’est ça ? Ben voilà, dans ta tête un deuxième bébé ça ressemble à ça, c’est très menaçant, et pas seulement vaguement. Complètement. La preuve en image. Tu dis que tu veux des élèves plus jeunes, moins blasés, ben voilà ! Mais quel rapport ! Ohé réveille-toi !
Dans ma tête, le concours et mon désir de maternité ont fait la guerre. Pourtant ils ne sont pas spécialement rangés dans des catégories concurrentes. Au contraire.
Enfin je croyais. Mais je ne suis plus sûre de rien.
Non, non allez on efface tout et on recommence. Pour ne plus voir ces bébés monstrueusement fascinants, j’ai baissé la tête et me suis concentrée sur les roulettes de ma valise qui ne voulait pas rouler, trop chargée de bouquins que je n’avais pas pu m’empêcher d’embarquer, J’ai vu quelques petits gitans qui faisaient la manche sur la place de la déesse , histoire de me confirmer qu’un enfant c’est dangereux. Et une déesse alors hein ? Dans un nouvel accès de paranoïa, je me suis demandé ce qu’il se passerait pour mon concours, si je me faisais voler mon sac à main avec ma convocation à l'intérieur là maintenant tout de suite et comment je ferais pour prouver mon identité.
Par je ne sais quel miracle j’ai fini par réussir à traverser la rue Faidherbe et à m’installer dans mon hôtel.
La suite ? Si je ne me fais pas dévorer par un bébé... ou un examinateur (de conscience ?) de l'éducation nationale.
Pour patienter: l'enigme des bébés de Lille.
17 avril 2009
Istanbul via Lille 2

Je vais à Lille voir l'exposition Istanbul traversée au Palais des Beaux Arts (si ce n'est pas un signe ça ! de quoi de quoi ? arrête avec des lourdes allusions ! ) ainsi que la "Piscine" de Roubaix dont Fauvette a parlé si élogieusement. Accessoirement j'y vais aussi pour passer un oral de concours... mais alors très accessoirement.
A mon retour, je vais me plonger dans la semaine du cinéma turc organisée à l'Archipel Paris 10è, programme ici )....du 19 au 28 avril. Je vais rater le premier jour, tant pis...
avant de peut-être poursuivre avec le Panorama des Cinémas du Maghreb à Saint Denis du 30 avril au 3 mai.
D'ici là, je suis à la bibliothèque de l'IUFM et permettez-moi de vous dire que j'y prends un énorme plaisir. A ma propre surprise. Finalement, au regard des quelques petits livres que j'ai laborieusement lus cette année sur l'histoire athénienne, je suis peut-être plus littéraire qu'historienne... Et pourquoi est-ce que je préfère enseigner l'histoire plutôt que le français moi ? Hummm ? Mais pourquoi faut-il toujours choisir ? Vive la bivalence oui !
Comme les lecteurs le savent peut-être, en lycée professionnel les professeurs sont bivalents. Ainsi moi je suis professeure de "lettres-histoire" (et d'éducation civique juridique et sociale, en prime). J''aime beaucoup cette bivalence, je la trouve très signifiante et j'essaie d'en faire voir les atouts à mes élèves. Mais ailleurs, en collège ou lycée il faut choisir, histoire-géo ou lettres.... bien que le ministère ait très maladroitement (et disons-le pour des motifs plus budgétaires que pédagogiques ....) essayé, ces derniers temps, d'introduire cette idée de pluri-valence qui va à l'encontre de l'organisation universitaire française. Je ne me prononce pas sur la question, et comprends mes collègues, cependant...je trouve quand même tout cela bien cloisonné. C'est d'ailleurs sûrement la raison pour laquelle à la fac j'avais fini par envoyer valdinguer les lettres comme l'histoire pour choisir la "science" politique, véritable auberge espagnole.
Pour finir ce billet sans que ni tête, une fois n'est pas coutume, un peu de futilité, remarquez c'est toujours aussi aérien, la photo choisie pour l'affiche du festival du cinéma turc: je veux la même robe rouge ! Peut-être pas pour les oraux... quoique... Ah oui je suis d'humeur folâtre, contre toute attente.... Finalement c'est drôlement chouette de passer un concours quand il n'y a pas vraiment d'enjeu... Une fois que l'on a résolu quelques questions annexes du genre "mais pourquoi tu le passes alors ? Tu veux abandonner tes élèves de Lycée Professionnel, hein c'est ça, avoue ! ? Lâcheuse sociale va... Tu as oublié d'où tu viens ? "
Bon pour tout expliquer, et notamment le titre sibyllin de ce billet, je me spécialise en lettres (après avoir hésité une année entière entre lettres et histoire-géo donc ) pour avoir un peu plus de chances d'être recrutée à Istanbul ou Izmir d'ailleurs... juste quelques années... Je ne lâche rien ! Enfin je dis ça mais je culpabilise quand même...
Et le brushing pour passer un oral de concours vous en pensez quoi ?
Billet remanié car après une intense journée de labeur... je me suis aperçue qu'il était trop allusif et obscur: j'avoue avoir un peu plus de mal qu'avant à parler directement de mes tours et détours ici : sont-ce là les prémices d'un dédoublement de support en un blog privé anonyme et secret et un blog public ? A voir...







