Iles où l'on ne prendra jamais terre

Iles où l'on ne prendra jamais terre

18 octobre 2009

"Et l'ambiguïté alors ?"

"Et ce désir absurde - est-ce l'air du temps ou l'exigence de financiers stupides... - de vouloir éclairer des zones d'ombre qui devraient le rester. De poser chaque point sur chaque i (lors du dénouement, surtout), afin de ne pas désorienter un tant soit peu le spectateur. Cette rage contemporaine de vouloir tout savoir, tout comprendre est une calamité. Et l'ambiguïté, alors ? Et le mystère ?"

Pierre Murat à propos du film Mères et filles de Julie Lopes Curval (

Télérama -du13/10/2009)

Je ne sais pas si je finirai par aller voir ce film, sûrement que non, j'en ai un peu assez de ces histoires sempiternelles. Presque trois semaines depuis que ma mère me fait le grand jeu du silence, tu m'aimes pas alors je t'ignore, t'es  plus ma fille, va voir ton père. 

Ce qui est certain c'est que je me sens très en colère, d'une colère de femme que l'on replace dans ses cauchemars de petite fille. Cela pourrait prendre la forme doucereuse d'un homme portant un chapeau melon, oui pourquoi pas un chapeau melon, et qui se pencherait pour me demander en m'offrant une sucette empoisonnée: "Alors petite, qui tu préfères: ton papa ou ta maman ?"

Sauf que le chapeau, c'est ma mère qui le porte. 

Ah bah oui, j'aurais tout aussi bien pu parler de l'accord arméno-turc et de mes frères Azéris. J'aurais pu. Mais d'après ma mère, je n'ai pas de frère.  Tiens, il me semblait pourtant.... Non ! Comment voulez-vous que je ne sois pas égoïstement égocentrique avec une mère pareille ? Un psy peut-être à défaut d'action politique ? Mouais, pas convaincue, si je pense au fait que c'est depuis que ma mère voit un psy qu'elle me fait la gueule. 

Et l'ambiguïté alors ? Et le mystère ? J'en ai en stock en pagaille. De quoi faire un bon scénario sûrement. Une vie ?  Hum ??? On repassera. 

Posté par ada_ à 22:39 - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

Tu t'en doutais bien qu'il y aurait un prix à payer, non ?
Ta mère ne veut pas comprendre que c'était important pour toi,
et que tu n'agissais pas contre elle, et pourtant elle se sent trahie...
Pauvre petite Ada, mais il y a de quoi mordre, hein ?
C'était leur vie, tu es leur fille, tu as le droit de connaître, savoir, et surtout de voir qui tu veux.
Sans pour autant être une mauvaise fille, une fille ingrate...

Allez, si elle préfère s'obstiner et se rendre malheureuse, je ne vois pas pourquoi toi tu devrais aussi être malheureuse...

Bon courage Ada, je t'embrasse bien fort.

Posté par Fauvette, 19 octobre 2009 à 00:17

L'ennui, dans la vie, disait Renoir, c'est que tout le monde à SES raisons.

Bon, ta mère a peut-être les siennes de voir réactualiser une colère qui n'est sans doute pas à toi réellement destinée. Il faut juste espérer que c'est un moment, un mouvement.

Prend le large pour ton propre compte... je t'embrasse.
(au fait, tu sais que tu es toujours la bienvenue, hein?)

Posté par anita, 19 octobre 2009 à 00:45

C'est une bonne question Fauvette: je ne vois pas pourquoi je devrais être malheureuse. Si le malheur devenait moins lourd en le partageant ! Même pas !
Moi aussi je t'embrasse.
Et oui Anita, j'ai bien envie de prendre le large ! Un petit gîte du côté des vagues que tu photographies si bien, me dirait bien: je t'écris.

Posté par ada, 19 octobre 2009 à 08:05

En route vers la Lorraine, entre deux grésillements d'une mauvaise bande FM, nous avons capté une émision de France Culture sur ledit film et ledit rapport mère-fille. J'ai soudain eu le réflexe masculin hasardeux de switcher sur la fréquence suivante qui - ô coïncidence - diffusait un match de foot (sic). Dieu sait que je regrettai mon geste et en subis d'emblée les conséquences. Le reste de l'émission en valait la peine, dixit ma moitié. Mesdames, vous êtes aussi subtiles que passionnantes...

Posté par Anh Hai, 20 octobre 2009 à 23:58

Bonne idée, les vagues. Dans l'Est, c'est un mets de fête, un fantasme presque. Facile donc d'imaginer celà - une Ada confiant à l'océan celles qu'elle a à l'âme. La douleur, chose la mieux partagée du monde, flotte un peu. Puis ne reste que l'écume, et un peu de sel sur les lèvres.

Posté par delest, 21 octobre 2009 à 08:17

Anh-Hai, je me disais aussi que je devais me (re)mettre au sport !

Posté par ada, 26 octobre 2009 à 07:58

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