Elle ne pouvait détacher ni ses yeux ni ses mains du volatile. Ses mains, qui au départ lissaient les plumes de la bête en surface, petit à petit s'enfoncèrent dans le plumage jusqu'à sentir la naissance du duvet. C'était bon. Et la bête ne bougeait toujours pas. Elle avait à peine tourné un peu la tête vers Capucine, comme pour dire qu'elle savait ce qui se passait, et qu'elle l'autorisait. 
Capucine était toute chamboulée. Elle qui osait à peine toucher le chat de Célestin à cause de la chaleur qui se dégageait sous ses poils, elle avait osé dépasser sa peur de l'animal, elle immergeait ses mains dans ce qui lui rappelait un doux frou-frou. Elle ne craignait plus le ronronnement ! 
Et rose en plus ! Elle se demandait de plus en plus si ce n'était pas là une idée de Célestin pour.... Pour quoi au fait ? 

Les idées de Capucine devinrent de plus en plus moites, et ses joues aussi roses que les plumes d'Idoine. Oui ce flamant-là s'appelait Idoine. Elle l'avait toujours su. 

Comme elle rosissait de plus en plus, elle se prit à penser que.... 
Non, ce n'était pas possible, ce ne pouvait pas être Célestin ! Et si jamais, il rentrait là, tout de suite dégoulinant de sa course ! Oh mon Dieu ! Il fallait le cacher ! 

Cacher se dit-elle en regardant le flamant dans les yeux. Heureusement que ce n'était pas une autruche !