La porte d'entrée claqua soudain.
Célestin était de retour, sans tonton Christobald, ce qui était déjà en soi une bonne nouvelle... Capucine frémit à l'idée que Mikhail aurait pu lui aussi accompagner le retour de son mari... Alleluïa s'exclama-t-elle ! 
La jeune femme entendit son époux se diriger vers la salle de bains.
Ouf ! Sauvée ! Elle avait encore au moins dix bonnes minutes devant elle ! 
Elle regarda son Idoine rose, son petit oiseau doux, son si beau nid aux doigts de noeuds, son neuf au dos bien droit, son honni d'eau , son idylle idoine, son passeport pour les lits d'anis, son voyage vers la litanie...
Elle ne pouvait se résoudre à le laisser s'envoler, elle ne pouvait pas non plus le cacher, c'était ridicule, il était temps qu'elle reprenne enfin le cours de son destin.
Il était temps à nouveau, oh temps à nouveau, de résister, de se prouver qu'elle existait !
Capucine se leva, et, d'un air résolu, elle débagua sa fine main blanche. Elle lança avec grâce l'anneau en l'air et ce dernier finit sa course directement dans le PANIER de linge sale.
"Il était temps !" commenta flegmatiquement le rose flamand, et il se mit à nouveau à chanter.
De la salle de bains, la voix de Célestin se fit entendre :
- Laisse la radio Capucine ! C'est pas si souvent qu'on entend les Pink Floyd !