Que ce ciel d'été parisien semble serein à la fenêtre de ma cuisine. La chaleur y est douce, pas encore étouffante. Je m'apprête à partir pour ma saison turque. J'ai tellement vidé mes armoires que les valises seront très vite faites: il me semble qu'il ne reste même pas de quoi remplir un quart de sac à dos. J'ai essayé de faire du passé table rase. Je n'ai donc presque plus rien à me mettre sur le dos.

J'ai cependant gardé, dans un sac dont j'ai aspiré l'air pour qu'il occupe le moins de place possible, trois quatre robes que je ne mettrai probablement plus jamais (même si, j'ai vérifié, elles me vont encore …), vestiges d'un temps où j'aimais marquer ma différence, un temps de séduction et de légèreté. On y distingue des rouges chamarrés, du vert brodé d'or. Une vraie gitane avec des motifs centre-asiatique. Mes 20 ans remisés, mais sans nostalgie, avec douceur plutôt.

Dans l'armoire pour le retour, la rentrée scolaire, j'ai mis de côté 4 robes et 5 pantalons: pas d'effort d'assortiment par couleur à faire, tout y est noir. Quelle évolution !

Le reste, draps, rideaux, housses, nappes, je les ai rangés dans des boites transparentes avec des étiquettes dessus. Sûrement parce que je me perds encore trop souvent dans mon propre appartement. Comparé à la pile colorée des couettes de ma grand-mère c'est d'une tristesse chirurgicale. Mais sus à la nostalgie et aux acariens qui vous grignotent de l'intérieur. 

Je suis prête.

A quoi déjà ?