J'ai fait l'école buissonnière cette semaine.... Et je n'ai pas envie de rattraper finalement. Et je sais à peu près clairement ce qu'il en restera dans un an... J'ai juste un besoin urgent, impérieux, de danser, de nager, de chanter et épuisée, de dormir, surtout de dormir. Mais pas pour oublier, pour rêver. Je sens que je dois, oui je dois absolument finir de construire quelques jolis rêves. Alors la rengaine qui me trotte dans la tête ressemble à quelque chose comme « laissez moi dormiiir, laissez-moi... »

 

Mais comme, en vrai, j'ai en tête une chanson reprise par le groupe Kardes Türküler, (Chants de la fraternité qui chante en turc, kurde, arménien, arabe.. ) qui sera en concert à Paris le lundi 9 avril, (si vous voulez venir, faites signe !)  je vais quand même partager cela avec vous: 

Il s'agit de "Dargin Mahkum", le prisonnier fâché, un chant soit de brigand, dans la veine des bandits d'honneur, soit de prisonnier politique, je n'ai jamais trop su.... (vous remarquerez que cela ressemble fort à la complainte de Mandrin. J'aime que cela soit chanté par une femme. 

Il a été chanté pour la première fois par le barde Mahzuni Serif. Je traduis vite fait... 
Kardeş Türküler - Dargın Mahkum


"Je suis fâché, ami(e)* fâché contre toi

Cela devait-il finir ainsi ? 

Je suis blessé, blessé mon ami(e),

regarde, mon sang devait-il rester non vengé ? 


Mon oreiller de prisonnier est plein de sang 

Mais quel est cet état ? 

Je meurs depuis sept ans

Le gardien s'est tiré 

Ma vie qui semblait une montagne

s'est bien vite éteinte et partie

Fatigué je suis 

et voilà que la quarantaine est arrivée

Je suis mort je suis mort puis ai ressuscité

les amis nous ont laissés

Mahzuni** arrive Messieurs

C'est dans nos herbages qu'il se retire

Dites suis-je fou 

Ou suis-je mort 


Celui qui cherche à briller 

c'est nous qu'il déchire en premier 

Mère chérie ne pleure pas, ne te lamente pas, 

Un jour finissent les blessures. 


* canim neutre en turc

** le nom du barde qui chante