269378_10151359919780768_323026798_n

 

Mon vernis s'abîme déjà

Ongles limés

Coquelicots trop pressés

Grippés

Dévégétalisés

 

Je troque les engelures de mes racines

l'enchevêtrement

de mes branches trop vertes

Contre des extrémités rouges

Ecaillées. 

 

(Un tableau de Garance Monziès, huile sur toile 110x140 cm)

 

 

 

Et un poème de Saint-John Perse pour dépasser les 100 mots requis: 

Palmes... !
Alors on te baignait dans l’eau-de-feuilles-vertes ; et l’eau encore était du soleil vert ; et les servantes de ta mère, grandes filles luisantes, remuaient leurs jambes chaudes près de toi qui tremblais...
(Je parle d’une haute condition, alors, entre les robes, au règne de tournantes clartés.)
Palmes!etla douceur
d’une vieillesse des racines... !La terre
alors souhaita d’être plus sourde, et le ciel plus profond où des arbres trop grands, las d’un obscur dessein, nouaient un pacte inextricable...
(J’ai fait ce songe,dans l’estime:un sûr séjour entre les toiles enthousiastes.)
Et les hautes
racines courbes célébraient
l’en allée des voies prodigieuses,l’invention des voûtes et des nefs
;et la lumière alors, en de plus purs exploits féconde, inaugurait le blanc royaume où j’ai mené peut-être un corps sans ombre...
(Je parle d’une haute condition, jadis, entre des hommes et leurs filles, et qui mâchaient de telle feuille.)     Alors les hommes avaient
   une bouche plus grave, les femmes avaient des bras plus lents ;
   alors, de se nourrir comme nous de racines, de grandes bêtes taciturnes s’ennoblissaient ;
et plus longues sur plus d’ombre se levaient les paupières...
(J’ai fait ce songe, il nous a consumés sans reliques.)