J'avais presque oublié les clés d'accès du blog. Presque.

Je suis donc revenue  vers  ce blog car j'ai participé à un "échange" bien stimulant et que je devais en parler ici. Je suis revenue et je me suis souvenue. Qu'il avait été important à une époque pour moi. Cette époque est-elle révolue ? Sûrement, peut-être, peut-être pas. Les époques se closent-elles ou tissent-elles subrepticement sous les lignes du présent ? Les cailloux jetés ici ou là ont été importants pour consolider les profondeurs sous-marines, mouvoir les lames de fond, s'élever les vagues, faire voguer l'esquif.  

J'avais résolu de faire un nettoyage du blog, un toilettage comme quand on réécrit le passé. Et puis non, je garde tout. Je vieillis, je m'assagis peut-être un peu, peut-être pas, peut-être trop ou pas assez. Et je me disais en même temps que je rouvrirai bien un autre blog pour y laisser une trace de mes lectures de mes découvertes, parce que la mémoire parfois joue des détours... Mais pourquoi rouvrir un autre blog ? 

Parce que j'ai changé de pays ? Changé - un peu- de vie en troquant l'énergie brouillone et avide et violente de mes élèves des années passées contre autre chose, quelque chose de plus policé, de plus contenu, de moins démuni ? J'ai vaguement relu ce que j'avais écrit l'an dernier et au final je suis fière d'avoir eu la force de bouger pour quitter un lieu qui me désespérait. Faire taire pour le moment le fond de culpabilité de la nomade qui s'offre le luxe de laisser derrière soi l'insoluble. 

Je vais garder ce blog-ci tout compte fait, parce qu'on ne se change pas tout à fait même si on grandit. Garder l'insoluble. En sédiments légers. En bases sur lesquelles construire.

 

Je vous souhaite et nous souhaite une année assez légère pour danser sur les flots mais aussi assez consistante pour vous nourrir. Et que vive l'amour, l'amitié, la tendresse, la fraternité, l'espoir si ce n'est la foi, le courage et la folie d'y croire.