Ce n’est pas moins d’une demi-douzaine de cahiers de j’ai achetés à Izmir lors de notre dernier passage dans la ville. Va t-en savoir pourquoi – je n’y ai pas pensé sur le coup- il fallait que mes cahiers soient de facture turque. Est-ce que je sur-interprète mon geste ? Ce lieu d’achat ne s’explique-t-il pas plus simplement par le fait qu’à Izmir j’ai eu le temps de flâner dans les librairies et les papeteries, et surtout eu le temps de penser à ce besoin impérieux de me remettre à écrire ? A moins que je n’aie bassement calculé, que tant de cahiers aux reliures diverses, en cuir, en dorure, en arabesques, en carton dur, me coûteraient moins chers avec la livre turque ? Va savoir…Mais que veut dire "coûter" ? 

J’ai inauguré l’un d’entre eux en recopiant consciencieusement quelques pages de l’Eté de Camus, celui où il parle de son regard sur sa terre algérienne. Je me disais que mettre mes pas dans les mots d’un autre m’ouvrirait peut-être le chemin .  De retour à Bruxelles, j’ai aussi inauguré une page et l’ai laissée inachevée pour cause d’urgence, (oui tu dois corriger ces copies maintenant, cesse de folâtrer !) Les mots de Camus n’étaient peut-être pas les bons pour moi à ce moment-là, ou peut-être est-ce que cela mettait la barre trop haut ? Rabaissons-la un peu. Un blog, même mal fichu fera aussi bien l'affaire. En tous cas, il faudra sortir des non-dits, des mal-dits, histoire de chasser la maladie...