18 février 2008
Feux de l'Amour et Stratégies de survie
Evidemment je pourrais écrire sur l’autorisation du voile dans les facs en Turquie, ou sur ce nouveau roman d’Elif Safak que je lis avec émotion, ou sur les morceaux de oud que je suis en train de déchiffrer, mais nan…
Le blog est capricieux, et Tiphaine, grâce à son billet sur Les Feux de l’Amour m’a rappelé de savoureux moments de mon adolescence.
J’ai adoré ce feuilleton. Mais oui je n’exagère pas. ADORE. J’ai du le regarder deux ou trois fois mais je lui dois une fière chandelle.
Ado, à chaque fois que ma mère se mettait à parler de mon père (ou plutôt à se plaindre à moi de mon père…) je parvenais à la lancer sur les rebondissements du feuilleton infernal qu’elle ne rate jamais :
« Et Cricket, maman, elle a aussi à se marier avec l’autre-là, rappelle moi son nom déjà… »
A chaque fois, ça ne manquait pas elle entrait dans le jeu. A chaque fois. Si je n’ai pas fini par fuguer à 15 ans, c’est aussi grâce aux Feux de l’Amour. Merci Cricket, Vic, et les autres…
Comment puis-je apprendre ces stratégies de survie à mes « val-vissés » (comme les appelle Anita) à mes élèves qui se traînent souvent de sacrés parents ?
15 février 2008
Sans importance
Valclair me propose un jeu: confier 6 choses sans importance sur moi. D’abord, il a fallu que je réfléchisse pour savoir ce qu’était une chose sans importance. J'ai soigneusement éviter de me demander en quoi ça intéresserait qui que ce soit. Sinon, c'était fichu davance. Et puisqu'on est dans la partie de la blogosphère que je fréquente dans des questions de lien social, allons-y, une chaîne, c'est liant.
Telle, dont j’ai découvert le blog grâce à ce jeu (je suis toujours fascinée par les gens qui savent faire des choses jolies de leurs mains) dit par exemple comme chose sans importance qu’elle n’a jamais lu Les Confessions de Rousseau. Ou peut-être est-ce un mensonge. Moi non plus, je ne l’ai jamais lu en entier, mais je n’aurais pas pensé à le mentionner comme chose sans importartance. Question hautement philosophique non ?
Bon bref, j’ai pensé vite fait à 6 choses, ça occupera ce blog désert.
1) J’ai enterré 7 petits poissons en plastique dans diverses pelouses de la capitale.
2) Chaque été à la fin de l’année scolaire, je brûle tous mes cours et je danse autour de ce feu.
3) J’ai deux dates de naissance.
4) Je n’aime pas les betteraves rouges (oui, je sèche un peu... c'est difficile aussi)
5) J’ai un poil, un seul long et dur, sur le menton et ma hantise c’est d’oublier de l’épiler et qu’il fasse des petits.
6) J’ai longtemps été somnambule. Mon mari m’a dit que la nuit, je me relève parfois pour chasser des araignées sous mon lit. Pourtant éveillée, je n’ai rien contre les araignées. Et je ne me souviens jamais des mes nuits de chasse à la bestiole. Je suis persuadée que mon mari est un sacré farceur. Ou alors j’ai une araignée non pas sous le lit mais au plafond.
7) Je suis une briseuse de châines. Et
08 février 2008
Marotte
Elle est belle ma marotte non ?
Qu'est-ce que c'est ?
Comme une certaine bâtisseuse de lubies, j'échaffaude des rêves, mon âme s'entrouve, s'émerveille sur des musiques imaginées.
Mes ongles sont coupés ras, mon dos est fourbu, mes bras ankylosés, mes mains rigides et rebelles mais je plane, je nage, je rêve.
Constats et marottes
19 janvier 2008
Nuit curieuse
Bon allez ce soir, on ira à la nuit curieuse Turkish Delices de La Ferme du Buisson.
07 janvier 2008
Marc de café
Dimanche, une copine turque a voulu lire dans le marc du café turc que je venais de boire. J'ai un peu secoué ma tasse avant de la retourner sur la soucoupe, tandis qu'elle se lançait dans de grandes théories sur le lien télépathique qui se créait entre celui qui s'immergeait dans les dessins du marc de café et son interlocuteur.
Et puis, elle a commencé à parler. Longtemps, longtemps.
Ca ressemblait un peu à ce dessin de Piyale Madra:
sauf qu'elle ne parlait pas tout à fait de canapé mais de tout ça, tout ça.
D'ailleurs, c'est la rentrée tiens. Pfiout...: je préfère les heures plongées dans le marc de café.
ps: Il faudra que je parle des caricaturistes turques (notamment de Ramize Erer) un de ces jours... quand je me remettrai de la rentrée !
ps 2: Le site de Piyale Madra contient aussi des pages de caricatures en français: à voir !
03 janvier 2008
La demande en mariage
Bien-aimé est parti faire une demande en mariage à l’autre bout de la France. Non, non, pas pour lui, rassurez-vous… En tant que personne d’autorité pour l’un de ses jeunes amis turcs. Il était tout surpris que ce jeune lui ait demandé son aide pour une question pareille. Je suis déjà si vieux que ça ! s’est-il exclamé.
Son ami lui a dit : « Le père t’écoutera, tu parles bien, et il a entendu parler de toi en bien. Tu seras une sorte de caution morale pour moi, en l’absence de mon père ».
Bien-aimé était flatté et inquiet. Lui qui a grandi sans père, devoir servir de père de subsitution, le remue profondément. Et si l’entreprise ne marchait pas ? Apparemment le père est opposé à l’idée de marier sa fille à ce jeune. La seule raison de son refus serait, si j’ai bien compris, l’absence des papiers en règle dudit jeune.
Mais le jeune homme travaille depuis longtemps déjà, il paie même des impôts. Peut-être aurait-il fini, en des temps plus cléments pour l’immigré, par les obtenir ses papiers. Quoi qu’il en soit, il est fou amoureux. Et la jeune demoiselle qu’il fréquente depuis déjà deux ans aussi. Et il semble bien que ce n’est pas pour obtenir un bout de papier qu’il veut épouser la jeune demoiselle d’origine turque et de la même région de Turquie que lui, mais devenue française.
J’ai démandé à Bien-aimé s’il était convaincu que son jeune ami pourrait être un bon mari. Il s’est sérieusement posé la question et m’a répondu qu’ils les avaient déjà vus tous les deux ensemble les tourtereaux, et que oui, il pensait sérieusement qu’ils s’accordaient bien ces deux-là que cela en valait la peine.
J’ai admiré la démarche du jeune homme qui préférait attendre de réussir à convaincre le père et la famille plutôt que « d’enlever » la jeune fille. C’est lui-même qui m’a expliqué hier soir qu’ils ne voulaient pas se marier sans la bénédiction du père, car cela serait source de tristesse et de conflits ultérieurs. Je les ai trouvés bien sages ces deux-là et ai encouragé Bien-aimé à lui apporter son aide.
Un peu excité, Bien-Aimé repassait une chemise blanche très respectable hier soir avant de partir et a demandé à ma mère qui était là comment il pourrait parler. Ma mère lui a dit, bah, après que la jeune fille vous aura servi le café, tu reprends la formule consacrée « Sur l’ordre d’Allah et avec l’autorisation du prophète… »
« Mais non, non, je ne peux pas dire ça, ce n’est pas mon truc, d’ailleurs eux-mêmes ne sont pas pratiquants… s’est exclamé Bien-aimé, « Quand je pense que je n’ai même pas eu à demander la main de ma propre femme » a-t-il poursuivi… « D’ailleurs, m’a-t-il dit, est-ce que tu crois que ton père est satisfait de moi comme gendre ? »
Etonnée de la question, j’ai ri : « Tu n’as qu’à lui demander toi-même, maintenant que tu parviens à lui parler ! »… ai-je répondu. Ca m’étonnerait qu’il lui demande quoi ce soit de ce genre, mais bon, c'est un autre sujet.…
Bien-Aimé est prudent, il a, avant de partir appelé l’un de ses amis, un patriarche turc respectable et respecté habitant la même région et qu’apparemment le père de la jeune fille connait, pour le seconder dans leur démarche de persuasion.
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que le mariage des ces deux là va se faire, et qu’il va durer.
31 décembre 2007
Le fond de l'air....
J'ai hésité entre deux photographies pour clore cette année étrange. Je les prends toutes les deux finalement. C'est ce que je veux garder comme souvenir d'une année contrastée, entre douceur et attente, lumières et grisaille.
Bonne année 2008 à vous.
30 décembre 2007
Soupe à l'oignon
Je me laisse aller à imaginer ce que cet homme peut bien lire avec ce visage si impavide. De là où je suis je ne peux voir en quelle langue est le journal.
Les nouvelles peuvent-elles vous attrister quand vous vous préparez à manger une bonne soupe à l'oignon en regardant les têtes de patineurs filer sur la grand place de Bruges ?
Mon compagnon me demande d'où je sais qu'il va manger de la soupe à l'oignon. Ma rêverie naïve se brise en éclats de rire.
29 décembre 2007
Sommeil
Le blog et moi on se regarde en chien de faïence. Ou plutôt il me regarde. Comme ces jouets-chiens installés sur les plages arrière des voitures et qui hochent la tête à mesure que la voiture avance. Hochement à interpréter exactement selon votre humeur : approbation, ironie, condescendance ? Et moi est-ce que j’avance ? Difficile à dire.
Maintenant que je suis en vacances, je n’ai même plus l’excuse du débordement pour ne pas « alimenter le blog ». Je me suis demandé si je ne craignais pas, en écrivant ici, de fixer des idées et des sentiments sur ces jours qui passent. Finalement, ne pas nommer tout ce qui s'écoule en me laissant un peu pantoise, c’est feindre d’ ignorer.
Je m’enfonce à la verticale dans un sommeil douceâtre et un peu coupable. Je regarde le siècle qui n’en finit pas de naître dans un peu plus d’horreur chaque jour. Je m’enfuis dans les mots et les images des autres, dévorant livres et films dans un délire d’impressions qui me rend adolescente. Entre deux livres d’écrivains algériens, d’images grimaçantes de guerre civile, et pour finir de bombardements turcs en Irak, je me suis même complue à lire Houellebecq, me demandant dans un moment d’angoisse ce qui était le pire. A Bruges, mon compagnon et moi avons passé presque une heure plongés dans le Jugement Dernier de Jérôme Bosch. Inquiétante fascination, surtout dans cette ville au décor en dentelles de maison de poupée, à l’odeur de chocolat. 
Nous fêtons nos dix ans de mariage.
A la fin, toujours, j’abandonne, je m’endors, au doux dans les bras de mon bien-aimé à la tendresse infinie. Dehors il fait froid. Le lit défait dans cette chambre confortable au décor suranné et dans laquelle je me sens tellement déplacée, m’engloutit dans ses entrailles.









