Un silence pesant s’est installé sur une partie de ma classe des adorables.
Les élèves ont à faire face à quelque chose qui les dépasse. Je suis au courant puisque l’élève concernée est venue me le dire. Je ne sais pas quoi faire parce qu’elle m’a demandé de la discrétion. Mais aux échanges qui me parviennent, je sais qu’il y a au mois 4-5 élèves à qui elle s’est confiée aussi. En revanche elle n’en a pas parlé aux autres professeurs.  C’est une élève majeure et je sais qu'elle est très entourée par sa famille. Cela me rassure mais je suis infichue ne serait-ce que de lui demander de rester après la classe pour m’assurer qu’elle a tout le soutien que nécessite la situation, parce que je la sens fuyante.
En cours, quand je croise son regard j’y vois une blessure. Qu’il faudrait soigner. Ses amis portent la blessure aussi et forment un mur autour d’elle, prêts à sortir becs et ongles.
Et moi je me sens bien impuissante avec mes sous-entendus. J’ai juste pu suggérer qu’en cas de «problème», nous avions une CPE très compétente et humaine.
Je ne sais pas comment des élèves si jeunes peuvent porter ça. Ce matin, elle m’a rendu son évaluation comme les autres.
A l'IUFM, nous n'avons pas posé ne serait-ce qu'une seule fois la question : que  faire en pareil cas ? On bidouille. On rafistole, chacun selon son sens des responsabilités, sa sensibilité. Du coup c'est très très approximatif. Et je me sens très très impuissante.