Iles où l'on ne prendra jamais terre

15 avril 2014

Ebru bleu

 

Voilà presque un an que j'ai envie de me mettre à l'Ebru- ou marbling- technique de peinture sur l'eau. 

Je me suis enfin décidée, peut-être un peu boostée par les copines créatives. je vais donc participer au défi de Cap', "mettre en image ses envies". Voilà des mois que je travaille sans presque jamais lever le nez ni de la semaine, ni du week-end, alors je l'ai bien mérité ! (J'avoue quand même avoir décroché une semaine en février, où je suis allée acheter les peintures et le reste du 

 

matériel à Istanbul ! ) 

J'ai un peu galéré pour préparer le "bain" et doser les mélanges, c'est toute une chimie l'Ebru.  Il faut que les couleurs tiennent sur l'eau, sans sombrer au fond. Pour cela on utilise de la bile de boeuf. Dans l'eau on ajoute une sorte d'algue de mer (nouvelle technique) qui fait flotter les peintures à la surface. Ensuite, c'est que du bonheur. On nage littéralement dans la couleur. C'est inratable ! 

J'y ai pris un plaisir incommensurable d'autant plus que ma fille et ma mère se sont jointes à moi. 

IMG_1550

 

IMG_1576

IMG_1569

 IMG_1578

 Le noir et blanc, c'est la production gothique de mon ado de fille :) 

 

Alors vous vous y mettez ? 

Posté par ada_ à 20:45 - Commentaires [4] - Permalien [#]


06 janvier 2014

Regain

J'avais presque oublié les clés d'accès du blog. Presque.

Je suis donc revenue  vers  ce blog car j'ai participé à un "échange" bien stimulant et que je devais en parler ici. Je suis revenue et je me suis souvenue. Qu'il avait été important à une époque pour moi. Cette époque est-elle révolue ? Sûrement, peut-être, peut-être pas. Les époques se closent-elles ou tissent-elles subrepticement sous les lignes du présent ? Les cailloux jetés ici ou là ont été importants pour consolider les profondeurs sous-marines, mouvoir les lames de fond, s'élever les vagues, faire voguer l'esquif.  

J'avais résolu de faire un nettoyage du blog, un toilettage comme quand on réécrit le passé. Et puis non, je garde tout. Je vieillis, je m'assagis peut-être un peu, peut-être pas, peut-être trop ou pas assez. Et je me disais en même temps que je rouvrirai bien un autre blog pour y laisser une trace de mes lectures de mes découvertes, parce que la mémoire parfois joue des détours... Mais pourquoi rouvrir un autre blog ? 

Parce que j'ai changé de pays ? Changé - un peu- de vie en troquant l'énergie brouillone et avide et violente de mes élèves des années passées contre autre chose, quelque chose de plus policé, de plus contenu, de moins démuni ? J'ai vaguement relu ce que j'avais écrit l'an dernier et au final je suis fière d'avoir eu la force de bouger pour quitter un lieu qui me désespérait. Faire taire pour le moment le fond de culpabilité de la nomade qui s'offre le luxe de laisser derrière soi l'insoluble. 

Je vais garder ce blog-ci tout compte fait, parce qu'on ne se change pas tout à fait même si on grandit. Garder l'insoluble. En sédiments légers. En bases sur lesquelles construire.

 

Je vous souhaite et nous souhaite une année assez légère pour danser sur les flots mais aussi assez consistante pour vous nourrir. Et que vive l'amour, l'amitié, la tendresse, la fraternité, l'espoir si ce n'est la foi, le courage et la folie d'y croire. 

 

 

Posté par ada_ à 10:16 - Commentaires [15] - Permalien [#]

Swap

Un titre en anglais pour donner un nom à des échanges stimulants, revigorants. 

J'ai donc participé au "swap" de Stephie, mon amie plus du tout virtuelle. Au passage la lecture de l'article du Monde sur "l'amitié à l'épreuve de Facebook" m'a fait bien rire. Mon vieux Conte-Sponville, vous manquez cruellement d'imagination ou plutôt de pratique virtuelle...

Bref, Stephie, du blog Mille et une frasques a lancé dans le cadre de ses lectures coquines un swap auquel j'ai adhéré parce qu'il me permettait d'échanger, tisser des liens donc, avec Sabine, mon amie prof de l'Océan indien... Sabine dont je vous recommande le blog, une mine, est aussi quelqu'un que j'admire en secret, mais chut. 

Je ne suis pas sûre d'avoir respecté les consignes de ce swap mais j'ai pris énormément de plaisir à chercher des livres qui pourraient plaire à Sabine. Mon choix s'est porté sur des écritures féminines mettant en scène des femmes fascinantes, fragiles, fortes, coincées et libres: celles de Auður Ava Ólafsdóttir (dont j'avais aussi adoré Rosa Candida) et d'Alice Munro, (découverte grâce à Anita, mon oeil de baleine préféré.)  

J'ai en effet été remuée par la profonde liberté de ces femmes. Et je voyais bien Sabine partir en un voyage déjanté et farfelu (et sensuel...). 

 

Sabine, de son côté m'a gâtée, trop. A tel point que je me suis sentie bien confuse. J'étais tellement obsédée par l'envie qu'elle reçoive son paquet lors de son séjour en France que je n'ai pas eu le temps d'assez le soigner, parant au plus pressé. Alors quand j'ai reçu celui de Sabine, tout bien pensé et tout bien conçu, je me suis sentie bien nulle. Mais bon, j'accepte aussi cela: je sais que je soignerai d'autant plus mon amitié que je me sens redevable de tant d'attentions et de finesse. J'espère que Sabine saura attendre...

 

Alors voyez donc comme j'ai été gâtée: 

Notre colis devait combiner certains mots, moi je n'ai pas tout à fait respecté la consigne... Sabine davantage: j'ai retrouvé les mots "sexy", "secret", "émouvant", "piquant dans son genre" "chaud" "lumineux" "disparu"... 

IMG_4283

 

 

A l'ouverture, j'ai été vraiment mais vraiment très très émue: 

IMG_4288IMG_4289

 

 

Le livre de Shenaz Patel ne peut que me parler puisqu'il évoque le déracinement de tout un peuple contraint de quitter son île. J'ai hâte de le lire... et promis j'en parlerai ici. 

Le chemin des poussières, j'ai déjà continué à le parcourir et suis séduite par cette écriture elliptique à la quête d'un sens et l'évocation de Gandhi. 

Sabine a pensé aussi à me porter pendant mes lectures en m'offrant une lumière... Sur le plan métaphorique Sabine, je trouve cela très très fort... Je ne l'ai pas encore utilisé mais je suis sûre qu'il va m'être utile dans le métro bruxellois où les pannes s'accompagnent de coupure d'électricité (jsute avant les vacances, j'ai lu 20 minutes à la lumière de mon portable :)

Voici la petite lumière  et les marque-page parce souvent, malheureusement on est obligé d'interrompre sa lecture: 

IMG_4292

IMG_4293

IMG_4294

Ma fillette m'a déjà piqué l'un d'entre eux... 

 

Ma lecture sera agrémentée de doux breuvages, Sabine a pensé à tout, avec deux paquets de thés, à la vanille et nature, en provenance directe de Maurice :) et au joli nom de "3 dames"

IMG_4290

IMG_4291

 

Un très joli carnet pour prendre des notes au fur et à mesure de mes lectures... ou y noter des choses plus secrètes.. 

Et un DVD : Chennai Express.... Sabine comment savais-tu que j'en pince gravement pour Sharukh khan hmmm ? Oh la la la ! Merci merci ! 

IMG_4296

 

 

J'ai aussi un joli châle bleu en cachemire, d'un bleu magnifique dont je vous posterai la photo sur modèle (ou pas ?) On la distingue un peu sur la 1ère photo... Elle est superbe Sabine, merci beacuoup !! 

 

Et pour finir sur une note un peu triste, car l'animal a disparu mais tellement poétique: un dodo qui va directement aller sur mon réfrigérateur à côté du magnet d'Alarica. Pour me rappeler notre fragilité et le prix de l'instant présent. 

 

IMG_4295

 

 

Merci Sabine, de tout coeur, pour tant de générosité et de finesse... 

Et au dibale Conte-Sponville qui ne croit pas à la valeur des amitiés "virtuelles"... pffftt... 

 

Posté par ada_ à 10:12 - Commentaires [12] - Permalien [#]

13 février 2013

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: végétal

269378_10151359919780768_323026798_n

 

Mon vernis s'abîme déjà

Ongles limés

Coquelicots trop pressés

Grippés

Dévégétalisés

 

Je troque les engelures de mes racines

l'enchevêtrement

de mes branches trop vertes

Contre des extrémités rouges

Ecaillées. 

 

(Un tableau de Garance Monziès, huile sur toile 110x140 cm)

 

 

 

Et un poème de Saint-John Perse pour dépasser les 100 mots requis: 

Palmes... !
Alors on te baignait dans l’eau-de-feuilles-vertes ; et l’eau encore était du soleil vert ; et les servantes de ta mère, grandes filles luisantes, remuaient leurs jambes chaudes près de toi qui tremblais...
(Je parle d’une haute condition, alors, entre les robes, au règne de tournantes clartés.)
Palmes!etla douceur
d’une vieillesse des racines... !La terre
alors souhaita d’être plus sourde, et le ciel plus profond où des arbres trop grands, las d’un obscur dessein, nouaient un pacte inextricable...
(J’ai fait ce songe,dans l’estime:un sûr séjour entre les toiles enthousiastes.)
Et les hautes
racines courbes célébraient
l’en allée des voies prodigieuses,l’invention des voûtes et des nefs
;et la lumière alors, en de plus purs exploits féconde, inaugurait le blanc royaume où j’ai mené peut-être un corps sans ombre...
(Je parle d’une haute condition, jadis, entre des hommes et leurs filles, et qui mâchaient de telle feuille.)     Alors les hommes avaient
   une bouche plus grave, les femmes avaient des bras plus lents ;
   alors, de se nourrir comme nous de racines, de grandes bêtes taciturnes s’ennoblissaient ;
et plus longues sur plus d’ombre se levaient les paupières...
(J’ai fait ce songe, il nous a consumés sans reliques.) 

Posté par ada_ à 17:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 février 2013

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: Imprévu !

Imprévue la défection qui va me permettre d'écouter et de chanter malgré tout, malgré les interdits que je me pose à moi-même, malgré mes casseroles pleines de cailloux bien lourds, avec une superbe et généreuse voix bulgare.

Je plane. Merci Françoise !

 

Posté par ada_ à 15:59 - Commentaires [1] - Permalien [#]



11 février 2013

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: "Noir"

Il faisait noir quand je suis entrée au collège ce matin. Il faisait noir quand j'en suis sortie. Entre temps, comme un trou...  noir. Je ne me souviens plus. Enfin plus vraiment. Obscur hivernage.  

Posté par ada_ à 22:25 - Commentaires [3] - Permalien [#]

10 février 2013

366 réels à prise rapide: aujourd'hui "note"

10 février est-ce un bon jour pour une note ?  Une note haut perchée, tenue par une voix vrillante.

Une note qui ne juge pas, qui ne dit pas si c'est « acquis » « en cours d'acquisition » ou « non acquis ». Je n'écris plus, je ne chante plus, je note.

J'essaie aussi laborieusement de traduire en français les mots d'un autre. La source s'est-elle tarie ? Suis-je morte à vouloir jouer les passeurs ? Faut-il être ancré quelque part pour faire passer ? Pourquoi est-ce que je n'y arrive pas ? Le pont s'effondre, la voix s'éraille, le souffle n'y est plus. La partition n'est peut-être pas la bonne. Il faudrait une autre note. Demain ? Une autre note ?  

Posté par ada_ à 18:31 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

21 septembre 2012

366 réels à prise rapide - Aujourd'hui: pas envie de

Comme je n'ai pas du tout l'esprit de contradiction, cette consigne me donne plein d'envies.... Alors qu'il y a cinq minutes à peine ?

 

 

 

Posté par ada_ à 18:22 - Commentaires [7] - Permalien [#]

20 septembre 2012

366 réels à prise rapide- Aujourd'hui: un outil pour

.... un outil pour lutter contre l'illétrisme. 

C'est sur quoi je vais réfléchir avec certains de mes collègues aujourd'hui. Sans mes fauves.

Posté par ada_ à 08:06 - Commentaires [7] - Permalien [#]

19 septembre 2012

366 réels à prise rapide- Aujourd'hui "pensée philosophique"

S'habitue-t-on même au pire ?

Je demande avec angoisse à mes (rares) collègues qui me disent être dans ce même collège de fous depuis 20 ans, pourquoi ils sont restés.
Je pense à cette histoire de grenouille qui, balancée dans de l'eau à 95°, a comme reflexe de fuir, mais qui, installée dans une eau tiède que l'on chauffe lentement, reste...

 

Je suis une grenouille. Et là, il faut que j'aille muscler mes gambettes. A mort la cellulite !

 

 

Posté par ada_ à 18:55 - Commentaires [3] - Permalien [#]

366 réels à prise rapide- Aujourd'hui: moment du réveil

La nuit m'a semblé calme. En tous cas, je ne me suis pas réveillée toutes les heures, ce qui est un progrès.

Au réveil, une pensée m'assaille, est-ce un reste de rêve ou bien une rumination tenace, je ne sais pas.

Je me souviens tout à coup qu'Ousmane, l'un de mes élèves de 3ème,  m'a dit au tout début du cours alors que je n'avais pas encore autorisé la classe à s'asseoir: "Madame, il y a de l'acide ici, vous savez, hein vous savez.."

Sur le coup je n'ai pas réagi, j'étais un peu trop occupée à calmer 28 autres hurluberlus dont:

- deux se battaient (pour rire, n'est-ce pas ?)

- une répondait visiblement et intelligiblement au téléphone: non, elle ne parlait pas à sa mère.

-un cherchait à récupérer sa trousse que trois autres se passaient de main en main.

- un cherchait à ramasser sa veste qu'un autre piétinait, à priori volontairement.

- une traitait une autre de "sale pute noire": "oh ce n'est pas une insulte, moi aussi je suis noire".

 

Plus deux ou trois autres bêtises que je n'ai pas vues... il y en avait trop. Vous savez quoi, j'ai réussi à obtenir 30 minutes de travail... je n'en reviens pas moi-même.

 

Ah vous vouliez un poste fixe ? Eh bien en voilà un, tout près de chez vous... ah vous habitez dans un quartier populaire empli de collèges privés, ben prenez tous ceux qui n'y sont pas allés....

 

Bon l'avantage c'est que je rente à pied. L'avantage donc c'est que je vois Ousmane même le dimanche. Avec un peu de chance, il m'expliquera ce que c'était que cet acide dont il voulait me parler.

 

Comme première pensée au moment du réveil, ce n'est pas réjouissant.

 

Posté par ada_ à 18:50 - Commentaires [4] - Permalien [#]

17 septembre 2012

Il faut reconnaître...

que j'avais presque oublié les codes d'accès de mon blog...

Presque....


En fait je n'ai pas envie d'écrire car je crains la noirceur de ce qui risque de sortir. Mais bon, c'est ainsi. Alors laissons sortir.

 

 

Posté par ada_ à 18:32 - Commentaires [2] - Permalien [#]

09 juillet 2012

Un avant-goût

Une petite visite chez des voisins turcs de la grande couronne parisienne où il y a toujours plein de monde et où l'on est toujours bien accueilli. Il faudrait que je prenne davantage le temps de m'occuper de leurs adorables fillettes qui apprennent tout juste le français. Je ne remplis pas assez mon rôle de "passeur", c'est sûr et m'en veux souvent pour ça.  

Mais c'est l'été, trêve de devoirs ! Vous prendrez bien une part de börek ! Quoi ? Vous voulez partir déjà ? Du travail vous attend ? Peuh... N'imaginez même pas nous quitter sans avoir mangé quelques böreks, quelques pogaça, quelques feuilles de vignes farcies et quelques dolmas.... et sans avoir bu au moins cinq verres de thé...

Un avant-goût de nos vacances..... ça vient ça vient !! 

 

IMG_3739IMG_3749

Tant qu'à arriver en plein Ramadan, je me dis que je veux bien me dévouer pour me faire inviter à un repas de rupture de jeûne... je veux même bien jeûner pour ça.... qu'en dis-tu Anita ? 

 

Posté par ada_ à 10:43 - Commentaires [7] - Permalien [#]

366 réels à prise rapide, Consigne du jour "Une liste"

Une liste pour négliger

Une liste pour délaisser

Une liste pour laisser

Une liste pour lâcher

Une liste pour passer

Une liste pour laisser tomber

Une liste à l'imparfait. 

Une liste pour ne plus faire de listes

Posté par ada_ à 09:03 - Commentaires [3] - Permalien [#]

08 juillet 2012

366 réels à prise rapide: Consigne du jour "Mémoire morte"

Assis sur la terrasse protégée d'un café parisien, nous regardons la pluie. J'écoute mon compagnon, m'enivre de sa belle énergie, me chauffe aux flammes de sa nostalgie, doucement. Il parle de sa petite ville d'enfance ou d'Istanbul, comme à chaque fois qu'il s'arrête un peu avant de courir vers une autre tâche, un autre rendez-vous. Il est prolixe en la matière, ne tarissant pas d'anecdotes: les espiègleries se chassent les unes les autres.

Moi j'ai des souvenirs un peu vagues, pas de source jaillissante. Quelques impressions fugaces et des sensations. Des impressions plus que des actions.

Ma mémoire semble morte, et pourtant, je sais que j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans....

Subrepticement, je me demande si je donnerais des contours nouveaux  à mon âme en trouvant des réincarnations de mots pour mes souvenirs/sensations, en donnant un nouveau corps - audible si ce n'est tangible- à ce qui semble enfoui plus que mort.   

 

Posté par ada_ à 09:10 - Commentaires [6] - Permalien [#]

30 avril 2012

Aujourd'hui : Ce qui craque

Ma salle des profs. Outre qu'elle est moche, elle craque de partout. Je n'imagine pas deux secondes passer mes heures sans élèves là-dedans.

Viens petite fille dans mon comic strip
Viens faire des bull's, viens faire des WIP!
Des CLIP! CRAP! des BANG! des VLOP! et des ZIP!
SHEBAM! POW! BLOP! WIZZ!
J'distribue les swings et les uppercuts
Ca fait VLAM! ça fait SPLATCH! et ça fait CHTUCK...

 

 

 

Posté par ada_ à 22:27 - Commentaires [16] - Permalien [#]

22 avril 2012

Comment peut-on être français...

Mon franco-turc de mari a voté pour la première fois de sa vie aujourd'hui. Cela fait des années que je le travaille au corps, l'inscription sur les listes électorales a été le premier pas. Cela a été de haute lutte. Si tu ne veux pas tu ne voteras pas, lui disais-je, mais au moins tu seras comptabilisé parmi les abstentions, ce qui aura plus de sens que de ne même pas exister sur les listes électorales. Lorsque nous avons reçu sa carte, j'ai vu qu'il était content quand même et j'ai ressenti cela comme une réelle inscription en France. Je n'étais pas sûre qu'il viendrait ce matin, pourtant il a suivi la campagne avec beaucoup d'attention. Puis il est venu...

J'avoue que j'étais drôlement heureuse de parler en turc avec lui dans le bureau de vote. Oui je me sens tout à fait française aujourd'hui. Et lui aussi. Enfin.... A sa manière,  en n'étant pas fier de quoi que ce soit.... pas besoin, d'être français tout simplement:  en râlant.... à la française quoi... 

Et moi cette France-là, je l'aime. 

Posté par ada_ à 14:35 - Commentaires [8] - Permalien [#]

07 avril 2012

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: "Laissez passer les petits papiers"

Comment se fait-il que ce mot « papier » a une connotation si péjorative dans ma tête ?

Alors que mon crayon, suspendu sur le papier, j'aime tant le machouiller, le laisser glisser, le retenir, l'abandonner, le ressaisir, le laisser couler... 

Pourquoi est-ce que le refrain de la chanson "Laissez passer les petits papiers" ne m'évoque pas/plus les mots doux qui circulaient entre les rangs de mes années lycéennes ?

 Mais non, rien à faire surgissent en vrac: carte de séjour, passeport, carte d'identité, livret de famille. Ah oui et puis la voix de Bernard Cantat, celle qui s'impose le plus dans la reprise de cette chanson.

Et bien-sûr ma carte d'identité périmée que je n'ai pas coeur de saisir à bras le corps pour la faire renaître de ses années. 

C'est donc encore avec un crayon que je vais contourner la consigne d'aujourd'hui. Décidément.

Rien de phallique là-dedans. Evidemment... De l'abandon juste. Et de quoi alimenter au moins dix psychanalyses.

 

 

Posté par ada_ à 07:39 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

06 avril 2012

366 réels à prise rapide : le temps qu'il fait

Aujourd'hui, gris le matin, un peu plus de soleil vers midi en sortant de la grande bâtisse grise et franc mais froid soleil l'après-midi. Je ne sais pas si le soleil a salué - timidement certes - l'annonce de ma prochaine semaine chômée. Sûrement que si... J'imagine très bien en tous cas la joie de mes élèves... jusqu'à ce qu'ils découvrent tout le travail que je leur ai envoyé. Sadique moi ? 

J'ai hâte de sentir les brûlures du soleil smyrniote dès juillet. Oh comme j'ai hâte ! 

 

Posté par ada_ à 23:58 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

05 avril 2012

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: "un mot que j'ai écrit"

Un mot que j'ai écrit ? Difficile, je n'ai rien écrit aujourd'hui. C'est suffisamment rare pour être consigné.  Il ne me reste plus qu'à tourner autour du "mot" de la consigne, l'enrober de miel. 

Une seule syllabe pour le mot "mot" en français. Soyons économe. 

Deux ou trois en turc. Hésitation...

Deux syllabes si l'on prend le mot turc "sözcük". Mot contruit sur le diminutif de "söz" qui veut dire parole. Ah bah oui, en turc aussi pour diminuer en ajoute... Mais quel mot pour diminuer sa parole ? Le "Oui" le "Non" ?

Trois syllabes si l'on prend le mot utilisé en turc mais issu de l'arabe "kelime". Prononcez "kélimé".  Je le trouve beau ce mot, très chantant et qui rappelle le mot "kalem",  stylo, crayon. 

Puisqu'il nous faut aujourd'hui un mot écrit, prenons donc "kelime" joli comme un prénom: il porte en lui même son crayon et m'excuse de n'avoir rien écrit. 

 

Posté par ada_ à 23:43 - - Commentaires [6] - Permalien [#]



Fin »