Iles où l'on ne prendra jamais terre

13 février 2013

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: végétal

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Mon vernis s'abîme déjà

Ongles limés

Coquelicots trop pressés

Grippés

Dévégétalisés

 

Je troque les engelures de mes racines

l'enchevêtrement

de mes branches trop vertes

Contre des extrémités rouges

Ecaillées. 

 

(Un tableau de Garance Monziès, huile sur toile 110x140 cm)

 

 

 

Et un poème de Saint-John Perse pour dépasser les 100 mots requis: 

Palmes... !
Alors on te baignait dans l’eau-de-feuilles-vertes ; et l’eau encore était du soleil vert ; et les servantes de ta mère, grandes filles luisantes, remuaient leurs jambes chaudes près de toi qui tremblais...
(Je parle d’une haute condition, alors, entre les robes, au règne de tournantes clartés.)
Palmes!etla douceur
d’une vieillesse des racines... !La terre
alors souhaita d’être plus sourde, et le ciel plus profond où des arbres trop grands, las d’un obscur dessein, nouaient un pacte inextricable...
(J’ai fait ce songe,dans l’estime:un sûr séjour entre les toiles enthousiastes.)
Et les hautes
racines courbes célébraient
l’en allée des voies prodigieuses,l’invention des voûtes et des nefs
;et la lumière alors, en de plus purs exploits féconde, inaugurait le blanc royaume où j’ai mené peut-être un corps sans ombre...
(Je parle d’une haute condition, jadis, entre des hommes et leurs filles, et qui mâchaient de telle feuille.)     Alors les hommes avaient
   une bouche plus grave, les femmes avaient des bras plus lents ;
   alors, de se nourrir comme nous de racines, de grandes bêtes taciturnes s’ennoblissaient ;
et plus longues sur plus d’ombre se levaient les paupières...
(J’ai fait ce songe, il nous a consumés sans reliques.) 

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12 février 2013

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: Imprévu !

Imprévue la défection qui va me permettre d'écouter et de chanter malgré tout, malgré les interdits que je me pose à moi-même, malgré mes casseroles pleines de cailloux bien lourds, avec une superbe et généreuse voix bulgare.

Je plane. Merci Françoise !

 

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11 février 2013

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: "Noir"

Il faisait noir quand je suis entrée au collège ce matin. Il faisait noir quand j'en suis sortie. Entre temps, comme un trou...  noir. Je ne me souviens plus. Enfin plus vraiment. Obscur hivernage.  

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10 février 2013

366 réels à prise rapide: aujourd'hui "note"

10 février est-ce un bon jour pour une note ?  Une note haut perchée, tenue par une voix vrillante.

Une note qui ne juge pas, qui ne dit pas si c'est « acquis » « en cours d'acquisition » ou « non acquis ». Je n'écris plus, je ne chante plus, je note.

J'essaie aussi laborieusement de traduire en français les mots d'un autre. La source s'est-elle tarie ? Suis-je morte à vouloir jouer les passeurs ? Faut-il être ancré quelque part pour faire passer ? Pourquoi est-ce que je n'y arrive pas ? Le pont s'effondre, la voix s'éraille, le souffle n'y est plus. La partition n'est peut-être pas la bonne. Il faudrait une autre note. Demain ? Une autre note ?  

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21 septembre 2012

366 réels à prise rapide - Aujourd'hui: pas envie de

Comme je n'ai pas du tout l'esprit de contradiction, cette consigne me donne plein d'envies.... Alors qu'il y a cinq minutes à peine ?

 

 

 

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20 septembre 2012

366 réels à prise rapide- Aujourd'hui: un outil pour

.... un outil pour lutter contre l'illétrisme. 

C'est sur quoi je vais réfléchir avec certains de mes collègues aujourd'hui. Sans mes fauves.

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19 septembre 2012

366 réels à prise rapide- Aujourd'hui "pensée philosophique"

S'habitue-t-on même au pire ?

Je demande avec angoisse à mes (rares) collègues qui me disent être dans ce même collège de fous depuis 20 ans, pourquoi ils sont restés.
Je pense à cette histoire de grenouille qui, balancée dans de l'eau à 95°, a comme reflexe de fuir, mais qui, installée dans une eau tiède que l'on chauffe lentement, reste...

 

Je suis une grenouille. Et là, il faut que j'aille muscler mes gambettes. A mort la cellulite !

 

 

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366 réels à prise rapide- Aujourd'hui: moment du réveil

La nuit m'a semblé calme. En tous cas, je ne me suis pas réveillée toutes les heures, ce qui est un progrès.

Au réveil, une pensée m'assaille, est-ce un reste de rêve ou bien une rumination tenace, je ne sais pas.

Je me souviens tout à coup qu'Ousmane, l'un de mes élèves de 3ème,  m'a dit au tout début du cours alors que je n'avais pas encore autorisé la classe à s'asseoir: "Madame, il y a de l'acide ici, vous savez, hein vous savez.."

Sur le coup je n'ai pas réagi, j'étais un peu trop occupée à calmer 28 autres hurluberlus dont:

- deux se battaient (pour rire, n'est-ce pas ?)

- une répondait visiblement et intelligiblement au téléphone: non, elle ne parlait pas à sa mère.

-un cherchait à récupérer sa trousse que trois autres se passaient de main en main.

- un cherchait à ramasser sa veste qu'un autre piétinait, à priori volontairement.

- une traitait une autre de "sale pute noire": "oh ce n'est pas une insulte, moi aussi je suis noire".

 

Plus deux ou trois autres bêtises que je n'ai pas vues... il y en avait trop. Vous savez quoi, j'ai réussi à obtenir 30 minutes de travail... je n'en reviens pas moi-même.

 

Ah vous vouliez un poste fixe ? Eh bien en voilà un, tout près de chez vous... ah vous habitez dans un quartier populaire empli de collèges privés, ben prenez tous ceux qui n'y sont pas allés....

 

Bon l'avantage c'est que je rente à pied. L'avantage donc c'est que je vois Ousmane même le dimanche. Avec un peu de chance, il m'expliquera ce que c'était que cet acide dont il voulait me parler.

 

Comme première pensée au moment du réveil, ce n'est pas réjouissant.

 

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17 septembre 2012

Il faut reconnaître...

que j'avais presque oublié les codes d'accès de mon blog...

Presque....


En fait je n'ai pas envie d'écrire car je crains la noirceur de ce qui risque de sortir. Mais bon, c'est ainsi. Alors laissons sortir.

 

 

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09 juillet 2012

Un avant-goût

Une petite visite chez des voisins turcs de la grande couronne parisienne où il y a toujours plein de monde et où l'on est toujours bien accueilli. Il faudrait que je prenne davantage le temps de m'occuper de leurs adorables fillettes qui apprennent tout juste le français. Je ne remplis pas assez mon rôle de "passeur", c'est sûr et m'en veux souvent pour ça.  

Mais c'est l'été, trêve de devoirs ! Vous prendrez bien une part de börek ! Quoi ? Vous voulez partir déjà ? Du travail vous attend ? Peuh... N'imaginez même pas nous quitter sans avoir mangé quelques böreks, quelques pogaça, quelques feuilles de vignes farcies et quelques dolmas.... et sans avoir bu au moins cinq verres de thé...

Un avant-goût de nos vacances..... ça vient ça vient !! 

 

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Tant qu'à arriver en plein Ramadan, je me dis que je veux bien me dévouer pour me faire inviter à un repas de rupture de jeûne... je veux même bien jeûner pour ça.... qu'en dis-tu Anita ? 

 

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366 réels à prise rapide, Consigne du jour "Une liste"

Une liste pour négliger

Une liste pour délaisser

Une liste pour laisser

Une liste pour lâcher

Une liste pour passer

Une liste pour laisser tomber

Une liste à l'imparfait. 

Une liste pour ne plus faire de listes

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08 juillet 2012

366 réels à prise rapide: Consigne du jour "Mémoire morte"

Assis sur la terrasse protégée d'un café parisien, nous regardons la pluie. J'écoute mon compagnon, m'enivre de sa belle énergie, me chauffe aux flammes de sa nostalgie, doucement. Il parle de sa petite ville d'enfance ou d'Istanbul, comme à chaque fois qu'il s'arrête un peu avant de courir vers une autre tâche, un autre rendez-vous. Il est prolixe en la matière, ne tarissant pas d'anecdotes: les espiègleries se chassent les unes les autres.

Moi j'ai des souvenirs un peu vagues, pas de source jaillissante. Quelques impressions fugaces et des sensations. Des impressions plus que des actions.

Ma mémoire semble morte, et pourtant, je sais que j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans....

Subrepticement, je me demande si je donnerais des contours nouveaux  à mon âme en trouvant des réincarnations de mots pour mes souvenirs/sensations, en donnant un nouveau corps - audible si ce n'est tangible- à ce qui semble enfoui plus que mort.   

 

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30 avril 2012

Aujourd'hui : Ce qui craque

Ma salle des profs. Outre qu'elle est moche, elle craque de partout. Je n'imagine pas deux secondes passer mes heures sans élèves là-dedans.

Viens petite fille dans mon comic strip
Viens faire des bull's, viens faire des WIP!
Des CLIP! CRAP! des BANG! des VLOP! et des ZIP!
SHEBAM! POW! BLOP! WIZZ!
J'distribue les swings et les uppercuts
Ca fait VLAM! ça fait SPLATCH! et ça fait CHTUCK...

 

 

 

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22 avril 2012

Comment peut-on être français...

Mon franco-turc de mari a voté pour la première fois de sa vie aujourd'hui. Cela fait des années que je le travaille au corps, l'inscription sur les listes électorales a été le premier pas. Cela a été de haute lutte. Si tu ne veux pas tu ne voteras pas, lui disais-je, mais au moins tu seras comptabilisé parmi les abstentions, ce qui aura plus de sens que de ne même pas exister sur les listes électorales. Lorsque nous avons reçu sa carte, j'ai vu qu'il était content quand même et j'ai ressenti cela comme une réelle inscription en France. Je n'étais pas sûre qu'il viendrait ce matin, pourtant il a suivi la campagne avec beaucoup d'attention. Puis il est venu...

J'avoue que j'étais drôlement heureuse de parler en turc avec lui dans le bureau de vote. Oui je me sens tout à fait française aujourd'hui. Et lui aussi. Enfin.... A sa manière,  en n'étant pas fier de quoi que ce soit.... pas besoin, d'être français tout simplement:  en râlant.... à la française quoi... 

Et moi cette France-là, je l'aime. 

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07 avril 2012

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: "Laissez passer les petits papiers"

Comment se fait-il que ce mot « papier » a une connotation si péjorative dans ma tête ?

Alors que mon crayon, suspendu sur le papier, j'aime tant le machouiller, le laisser glisser, le retenir, l'abandonner, le ressaisir, le laisser couler... 

Pourquoi est-ce que le refrain de la chanson "Laissez passer les petits papiers" ne m'évoque pas/plus les mots doux qui circulaient entre les rangs de mes années lycéennes ?

 Mais non, rien à faire surgissent en vrac: carte de séjour, passeport, carte d'identité, livret de famille. Ah oui et puis la voix de Bernard Cantat, celle qui s'impose le plus dans la reprise de cette chanson.

Et bien-sûr ma carte d'identité périmée que je n'ai pas coeur de saisir à bras le corps pour la faire renaître de ses années. 

C'est donc encore avec un crayon que je vais contourner la consigne d'aujourd'hui. Décidément.

Rien de phallique là-dedans. Evidemment... De l'abandon juste. Et de quoi alimenter au moins dix psychanalyses.

 

 

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06 avril 2012

366 réels à prise rapide : le temps qu'il fait

Aujourd'hui, gris le matin, un peu plus de soleil vers midi en sortant de la grande bâtisse grise et franc mais froid soleil l'après-midi. Je ne sais pas si le soleil a salué - timidement certes - l'annonce de ma prochaine semaine chômée. Sûrement que si... J'imagine très bien en tous cas la joie de mes élèves... jusqu'à ce qu'ils découvrent tout le travail que je leur ai envoyé. Sadique moi ? 

J'ai hâte de sentir les brûlures du soleil smyrniote dès juillet. Oh comme j'ai hâte ! 

 

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05 avril 2012

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: "un mot que j'ai écrit"

Un mot que j'ai écrit ? Difficile, je n'ai rien écrit aujourd'hui. C'est suffisamment rare pour être consigné.  Il ne me reste plus qu'à tourner autour du "mot" de la consigne, l'enrober de miel. 

Une seule syllabe pour le mot "mot" en français. Soyons économe. 

Deux ou trois en turc. Hésitation...

Deux syllabes si l'on prend le mot turc "sözcük". Mot contruit sur le diminutif de "söz" qui veut dire parole. Ah bah oui, en turc aussi pour diminuer en ajoute... Mais quel mot pour diminuer sa parole ? Le "Oui" le "Non" ?

Trois syllabes si l'on prend le mot utilisé en turc mais issu de l'arabe "kelime". Prononcez "kélimé".  Je le trouve beau ce mot, très chantant et qui rappelle le mot "kalem",  stylo, crayon. 

Puisqu'il nous faut aujourd'hui un mot écrit, prenons donc "kelime" joli comme un prénom: il porte en lui même son crayon et m'excuse de n'avoir rien écrit. 

 

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04 avril 2012

366 réels à prise rapide: aujourd'hui "ceux que l'on porte"

Il y a ceux que l'on porte quelques mois et que l'on serre contre soi, ressentant le battement de leur coeur au plus profond de son âme. 

Et puis il y a ceux que l'on ne porte pas, ou plus, et qui resteront lovés dans un irréel du passé où tout peut continuer à être merveilleux. 

Plus tard, dans pas longtemps, quand je serai guérie, cet irréel du passé caché quelque part, pas loin, m'aidera à ouvrir encore et encore les bras. 

C'est le voeu des cailloux que je dépose ici pour ne pas les porter plus loin. Dans l'espoir, l'attente, la conviction qu'ils feront demain leur ronde- sur une musique joyeuse et apaisante. 

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03 avril 2012

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: "ce que l'on porte"

Ce que l'on désirait porter, que l'on a porté mais que l'on ne doit plus porter parce que cela ne s'est pas porté au bon endroit.

Attendre de trouver la porte de sortie. Ne pas tout déchirer.

Je ne savais pas que cela pouvait être si lourd à porter. 

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25 mars 2012

366 réels à prise rapide : Aujourd'hui un air en tête

J'ai fait l'école buissonnière cette semaine.... Et je n'ai pas envie de rattraper finalement. Et je sais à peu près clairement ce qu'il en restera dans un an... J'ai juste un besoin urgent, impérieux, de danser, de nager, de chanter et épuisée, de dormir, surtout de dormir. Mais pas pour oublier, pour rêver. Je sens que je dois, oui je dois absolument finir de construire quelques jolis rêves. Alors la rengaine qui me trotte dans la tête ressemble à quelque chose comme « laissez moi dormiiir, laissez-moi... »

 

Mais comme, en vrai, j'ai en tête une chanson reprise par le groupe Kardes Türküler, (Chants de la fraternité qui chante en turc, kurde, arménien, arabe.. ) qui sera en concert à Paris le lundi 9 avril, (si vous voulez venir, faites signe !)  je vais quand même partager cela avec vous: 

Il s'agit de "Dargin Mahkum", le prisonnier fâché, un chant soit de brigand, dans la veine des bandits d'honneur, soit de prisonnier politique, je n'ai jamais trop su.... (vous remarquerez que cela ressemble fort à la complainte de Mandrin. J'aime que cela soit chanté par une femme. 

Il a été chanté pour la première fois par le barde Mahzuni Serif. Je traduis vite fait... 
Kardeş Türküler - Dargın Mahkum


"Je suis fâché, ami(e)* fâché contre toi

Cela devait-il finir ainsi ? 

Je suis blessé, blessé mon ami(e),

regarde, mon sang devait-il rester non vengé ? 


Mon oreiller de prisonnier est plein de sang 

Mais quel est cet état ? 

Je meurs depuis sept ans

Le gardien s'est tiré 

Ma vie qui semblait une montagne

s'est bien vite éteinte et partie

Fatigué je suis 

et voilà que la quarantaine est arrivée

Je suis mort je suis mort puis ai ressuscité

les amis nous ont laissés

Mahzuni** arrive Messieurs

C'est dans nos herbages qu'il se retire

Dites suis-je fou 

Ou suis-je mort 


Celui qui cherche à briller 

c'est nous qu'il déchire en premier 

Mère chérie ne pleure pas, ne te lamente pas, 

Un jour finissent les blessures. 


* canim neutre en turc

** le nom du barde qui chante

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