Iles où l'on ne prendra jamais terre

02 novembre 2015

Prémarathon, texte 4 "relaxation"

Je viens de faire une séance de relaxation avec ma jeune demoiselle. Allongées sur le tapis moelleux, devant la fausse cheminée qui produit de la vraie chaleur, nous avons écouté une voix grave et belle nous suggérer de nous relaxer muscle par muscle. Je ne sais pas où ma fille a trouvé e programme mais il est vraiment réussi. La voix grave dit aussi d‘autres choses j’imagine mais j’étais bien, les bougies choisies par demoiselle sentaient bon, et le monsieur causait en anglais, j’ai dû décrocher à un moment ou un autre et me suis presque assoupie. C’était bon.

Il faut croire qu’on a quand même appris quelques petites choses de notre année d’enfer... Je profite sans vergogne de tous ces moments de douceur, les provoque peut-être même davantage que dans ma vie parisienne. Le week-end passé a été délicieux aussi. J’aime passer du temps avec ce petit homard. Parfois il pique, râle et se fait violent, le plus souvent, il a le regard qui pétille et l’appétit en éveil. On entendrait presque  la peau qui tiraille, à l’étroit sous la carapace qui ne se craquelle pas assez vite pour la libérer.

Le rythme de l’écriture est modifié, je sens moins cette impatience au bout des doigts qui voulait que je dise tout d’un coup, en vrac. Se pencher un peu avant pour faire basculer devant soi le sac à dos, à terre. Quant à savoir pourquoi il doit être déposé dans ce sens-là, ce sac, en passant par-dessus la tête et non en descendant gentiment le long du dos, dès que les épaules parviennent à se libérer des lanières… je ne sais pas.

Je me sens toute alanguie maintenant, sûrement d’avoir vécu ce moment mais sûrement aussi d’avoir évacué quelques mots. Est-ce que prendre conscience de mon obsession alimentaire me fera lever un peu plus tard demain pour préparer un petit-déjeuner moins élaboré que d’habitude, laisser une place aux tartines confiture au lieu de ruser avec les concombres, les tomates, la mozarella, le basilic, le persil frais et sublimé par l’huile d’olive odorante ? J’en doute…  Et puis les galettes de pois chiches, je n’en avais jamais faites ainsi, et c’est drôlement bon… C’est qu’on y prend goût à ces choses-là aussi. Ah, oui, je parle encore de nourriture… 

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Prémarathon, texte 3 "Cahin-caha"

C’est terrible, maintenant que je suis lancée, j’écrirais bien toute la nuit…. Alors je fais ma rentrée demain et il serait bon que je règle quelques petites choses, me préparer un minimum !  Les deux mois qui s'annoncent vont être rudes... Je n'en ai pas envie. Pourtant j'aime être avec mes classes une fois que je suis dans l'école, je me sens assez privilégiée dans ma classe, mes élèves sont adorables, mes collègues passionnants , professionnels  et gentils à la fois, ma direction au soutien sans faille, mais vraiment, la charge de travail est trop lourde et me donne l'impression de ne rien faire pour moi. Or là j'ai envie d'écrire, de peindre de danser, de marcher dans les feuilles mortes.

Est-ce la culpabilité qui me pèse ? Même pas cette fois. Enfin je crois. Enfin pas trop. Je me demande si je me sentirais mieux si tous mes cours étaient prêts mais je n'en suis même pas sûre. Ce n'est pas bien grave pourtant vu que dans l'ensemble je sais où je vais mais cette impression de ne jamais être assez à la hauteur est là, toujours…  Et pourtant j’aurais dû apprendre à relativiser. Je pense l’avoir fait en partie. Je me moque maintenant de la terrible colère couplée à un sentiment d’impuissance sans fond que j’ai éprouvée lorsqu’il y a à peine un an et demie de cela, nous avons rencontré un indélicat qui a essayé de jouer avec nos nerfs et notre naïveté …. Et dire que j’avais l’impression de vivre à ce moment-là quelque chose de terrible. Je me sentais à tel point fatiguée, dépassée que mon médecin avait diagnostiqué un « burn out » et m’avait proposé un arrêt médical. On était à 15 jours des vacances d’été, j’avais refusé, je voulais faire mes preuves dans cette école. Preuves…. Patte blanche ? 

 

 

Tiens voilà que ma demoiselle m'appelle: elle s'est installée dans le salon avec des bougies parfumées, amoureusement choisies à Amsterdam et veut faire une séance de relaxation, avec moi. Elle n'a pas envie non plus de retourner à l'école demain...

Je crois que ça ne se refuse pas... 

Je reprendrai plus tard... 

 

 

 

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Prémarathon, texte 2 "la nourriture, encore"

Finalement je doute, je ne suis plus du tout sûre de vouloir continuer. La vache encore deux heures ? Je culpabilise à fond. C’est mon dernier jour de vacances, je n’ai quasiment pas travaillé, enfin un jour ou deux quand même. Je dois nettoyer un minimum la maison, samedi notre aide ménagère n’a pas pu venir. Il faudra que je parle plus loin d’elle ou plutôt du temps qu’il m’a fallu avant de la solliciter. Il faudrait aussi que je fasse des courses. Mon mari ne rentre que ce soir et il faut que notre fille ait des choses correctes à manger. Ben voilà, je retourne encore dans mes fixettes alimentaires alors que je viens d’en parler une page durant… Bon ben tant pis, retournons y, puisqu’il le faut… Le rôle de mère est-il avant tout nourricier ? Il faut croire en tous cas que cela me rassure ces gestes du quotidien, qu'ils me donnent l’impression de maîtriser un tout petit quelque chose dans ce grand tout qui m’échappe. Aller au marché, choisir les légumes les plus verts et les plus rouges (les antioxydants), trouver des recettes pour les accommoder sans donner l’impression de « régime », créer à chaque repas du plaisir sain. C’est compliqué.

Là d’ailleurs je me dis que je viens d’oublier que je dois aussi  préparer la salade pour le repas  de demain de ma fille,  qui refuse d’aller à la cantine et préfère manger ce qu’on lui prépare dans la cour de son école, au vert. Comment écrire avec toutes ces considérations alimentaires ? Mazette ! Il était question qu’elle prépare elle-même ses repas à ses 16 ans mais on s’est dit que ça finirait immanquablement par un jambon-emmental tous les jours. Alors on s’y colle, mon mari la semaine à partir du lundi soir, moi le week-end quand il n’est pas là. Je remarque au passage que ce rôle de « nourricier » nous l’avons endossé tous les deux mon mari et moi, pas moi seule. Ce n’est donc pas forcément une réaction de mère mais de parent face à l'inconnu. 

Est-ce que j’ai fait le tour avec la nourriture ? Pas sûr,  mais j’ai déjà posé pas mal. Voyons ce qui va sortir au chapitre prochain, à la quasi 3ème heure.

 

Posté par ada_ à 20:40 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Prémarathon, texte 1, "Marathonner avec... ce qu'on a, ce qu'on peut"

Pourquoi donc me suis-je fourrée dans une telle galère ? Pourquoi donc s’engager à « marathonner » avant l’heure ? Puisque Alainx organisera probablement cet événement tant désiré en janvier ? Quelle urgence ? Ecrire trois heures d’affilée tout ce qui me passe par la tête. Si encore je ne m’étais engagée qu’envers moi-même, sagement, silencieusement, mais non, je suis allée le claironner haut et fort et ai même embarquée mon amie H. dans l’histoire. Comme si savoir qu’elle allait être occupée par la même torture que moi, au même moment, allait me rendre la tâche plus facile.  Me voilà réveillée depuis deux heures à tourner en rond dans mon lit en me disant que trois heures pour écrire rien que pour moi ce n’est pas raisonnable alors que j’ai tant de choses à faire ! Deux heures perdues ?  Trop de questions ? Oui, trois fois oui….. Ou bien ? Ah non  mince ce n’est pas d’écrire, assise presque immobile sur ma chaise dont j’ai besoin mais de bouger, d’aller marcher, courir, danser, sentir mon corps vivre et reprendre ses droits sur le hamster qui tourne en boucle dans ma tête. Oui ? Non ? Bon finalement, tout inintéressant que soit ce que je raconte, ne suis pas en train d ‘écrire ? Autant continuer…

En effet, ce corps que je sens ankylosé par trop de choses, l’est peut-être tout autant par mes pensées que par tout ce que j’ingurgite. A vrai dire, je n’ai pourtant jamais fait tant attention à ce que j’avale depuis que ma fille a été opérée. Je cogite et cuisine pour elle et souvent je me retrouve à manger seule ce que j‘ai préparé dans ma névrose, parce que forcément une ado ça aussi des idées et mon mari ses goûts... Dois-je qualifier de « névrose » ce souci constant de faire manger correctement ma fille maintenant que je la sais avoir été si sensible ? C’est bien l’impression qu’elle en a en tous cas, elle qui m’a prévenue alors que dans la voiture il y a de cela quelques jours, nous entendions les recommandations de l’OMS,  soulignant que la viande rouge et la charcuterie sont cancérigènes. « Je te préviens maman, j’adore manger du jambon et puis j’en ai marre et trouve ça bizarre d’entendre que tout est cancérigène. » Peut-on vivre avec les précautions permanentes ? Nous achetons tous nos légumes bio, mangeons très peu de viande, avons supprimé le sucre, sauf le miel et le chocolat, et toutes les fritures (en Belgique, comme en Turquie, c’est dur ça…), je fais germer des graines,  que j’ajoute discrètement dans toutes les salades. Il ne faut pas que ce soit visible, sinon ma fille rejette. J’aimerais tant que tout cela soit derrière nous. Mais non, il nous faut encore patienter, croire, faire confiance. Et je crains bien qu’elle ne soit jamais complètement finie cette peur, maintenant qu’on sait que ça n’arrive pas qu’aux autres, maintenant qu’on sait que le corps et ses cellules peuvent devenir fous, sans qu’on comprenne pourquoi.

Et voilà, me revoilà de nouveau à tout vouloir dire d’un coup, tout ensemble, tout emmêlé.

Et une pensée étrange me saisit, alors que je pense à cette histoire de nourriture. Je me suis levée ce matin avec une forte impression d’encombrement dans le corps. C’est sûrement aussi peut-être parce que j’ai lu un article posté par l’épouse d’un cousin sur une cure de détox peu avant de dormir. Et me voilà à boire deux  très grands verres d’eau, le premier avec quelques gouttes de citron, le second avec quelques gouttes d’extrait d’aulne, acheté pour ma fille, rejeté par elle et donc consommé par moi-même. Evidemment au bout du 2ème verre, j’ai eu une impression désagréable, une sorte de nausée qui m’a rappelée que j’avais faim. Et bizarrement j’ai eu envie de fromage. J’ai donc mangé du fromage avec un peu de pain. Mais un vrai fromage qui pue, qui coule. Avec du pain pas bon acheté dans une superette parce que la boulangerie était fermée quand je suis sortie hier…  Evidemment je l’ai regretté à peine consommé…. Maintenant je sens sur mes mains une odeur imaginaire peut-être, peut-être pas, puisque j’ai tenu le fromage en main pour enlever la croute mais me suis lavé les mains ensuite : il va être difficile de s’en débarrasser.  Et je comprends que ce morceau de fromage de trop symbolise beaucoup de mon rapport actuel au monde, il sent fort, il sent la vie qui grouille et qui m’appelle mais il sent trop fort pour le monde aseptisé auquel j’aspire pour dans mon esprit vaincre la maladie. Et puis je sais qu’il est trop gras et qu’il ne va pas m’aider à me sentir légère. En vrai ou sur le plan psychologique puisque j’ai cédé à un appel que mon esprit ne trouvait pas raisonnable. Je me demande ce que peux faire. Je peux, un, retourner me laver les mains avec plus de savon. Deux, changer l’image de ce fromage dans ma tête pour qu’il représente non plus un truc répugnant – après tout il était tout bio mon camembert- mais quelque chose porteur de vie.

Je me demande ce que je vais bien pouvoir faire de tous mes doutes  pour  éviter qu’ils ne se transforment en  phobies alimentaires. 

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19 avril 2015

Le sourire de la crémière

le sourire de la crémière

 

A Izmir, je n'ai pas photographié mes nombreux cahiers vierges mais le "crémier", son beurre et son sourire en prime. Autrement plus savoureux que des pages blanches... 

Au premier plan, loukoums fourrés à la rose, et entourés de pétales de rose. A se damner. 

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Des cahiers et de leur provenance

 

Ce n’est pas moins d’une demi-douzaine de cahiers de j’ai achetés à Izmir lors de notre dernier passage dans la ville. Va t-en savoir pourquoi – je n’y ai pas pensé sur le coup- il fallait que mes cahiers soient de facture turque. Est-ce que je sur-interprète mon geste ? Ce lieu d’achat ne s’explique-t-il pas plus simplement par le fait qu’à Izmir j’ai eu le temps de flâner dans les librairies et les papeteries, et surtout eu le temps de penser à ce besoin impérieux de me remettre à écrire ? A moins que je n’aie bassement calculé, que tant de cahiers aux reliures diverses, en cuir, en dorure, en arabesques, en carton dur, me coûteraient moins chers avec la livre turque ? Va savoir…Mais que veut dire "coûter" ? 

J’ai inauguré l’un d’entre eux en recopiant consciencieusement quelques pages de l’Eté de Camus, celui où il parle de son regard sur sa terre algérienne. Je me disais que mettre mes pas dans les mots d’un autre m’ouvrirait peut-être le chemin .  De retour à Bruxelles, j’ai aussi inauguré une page et l’ai laissée inachevée pour cause d’urgence, (oui tu dois corriger ces copies maintenant, cesse de folâtrer !) Les mots de Camus n’étaient peut-être pas les bons pour moi à ce moment-là, ou peut-être est-ce que cela mettait la barre trop haut ? Rabaissons-la un peu. Un blog, même mal fichu fera aussi bien l'affaire. En tous cas, il faudra sortir des non-dits, des mal-dits, histoire de chasser la maladie... 

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29 décembre 2014

ZOU !

J'ai lu Zou de Anne Véronique Herter dans des circonstances difficiles, à l'hôpital, au chevet de ma fille.

Ce ne devait pas être les conditions idéales.

On y fait la connaissance de Chance, l'héroïne, à un moment décisif de sa vie, celui où sa famille doit vendre la propriété familiale qui a été le témoin des vacances de son enfance. Or cette maison représente beaucoup pour Chance: dans ses pierres sont inscrites les destinées de chacun des membres de la famille depuis l'arrière-grand-père, un peintre américain qui est tombé en amour pour cette belle région qu'est la Bretagne.

C'est une famille passionnante mais aussi fortement toxique (comme toutes les familles ?) que celle de Chance. L'attachement à cette maison représente aussi tous les noeuds que l'héroïne qui se croit maudite même si son prénom clame le contraire, n'est pas parvenue à défaire alors qu'elle atteint la quarantaine. Il faut dire que sa naissance a suivi de peu la mort d'un frère idéalisé par toute la famille et surtout par la grand-mère. Un frère absent auquel l'héroïne ne peut donc jamais se mesurer directement mais auquel tout et tous (croit-elle ?) la ramènenent et en particulier cette grand-mère, femme malheureuse qui se complet dans la douleur de la perte en entretenant de ce fait celle de sa famille. Chance est tombée dans ce piège et traîne sa vie plus qu'elle ne la construit.

A la suite de cette vente forcée commence alors ce que mes amies blogueuses (Stephie, Leil...) ont appelé une sorte d'analyse. Cette analyse se fait -évidemment- par l'écriture d'un livre. C'est probablement le point qui m'a le plus agacée d'ailleurs, un peu comme si on voyait les fils blancs de l'analyse. Beaucoup de voix s'invitent à cette analyse, certaines justes et fort lyriques que je vous laisse découvrir, d'autres encore une fois cousues de fil blanc comme celle de l'ordinateur sur lequel Chance pianote avec difficulté son récit libérateur.

Le but bien entendu est de parvenir à l'expression du titre, au passage à l'action, au « ZOU  ! » encourageant. Chance y parviendra-t-elle ? Quels chemins devra-t-elle suivre, sur quelles pierres blanches ou grises , quelles touches du clavier, quelles voix disparues, pourra-t-elle s'appuyer ?

 

C'est un joli premier roman qui aurait dû me parler davantage: je suis en effet moi-même née après la mort d'un frère que tout le monde m'a présenté comme étant beau comme le ciel. Lire l'évolution du personnage m'aurait peut-être intéressée dans d'autres circonstances. Certains passages, je le répète encore une fois, fort lyriques auraient pu me toucher. Mais là je n'y ai malheureusement vu que les tribulations larmoyantes d'une gosse de riche ayant perdu un peu de sa richesse et qui s'est complue trop longtemps dans le malheur. Bref,  je n'étais probablement pas en état d'accueillir ce livre. Cela dit, cette lecture "obligatoire" m'a occupée un peu, et rien que pour ça, je suis contente de l'avoir lu ce petit roman et d'avoir dû écrire cette chronique pour les Match de Price Minister. 

 

 

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15 avril 2014

Ebru bleu

 

Voilà presque un an que j'ai envie de me mettre à l'Ebru- ou marbling- technique de peinture sur l'eau. 

Je me suis enfin décidée, peut-être un peu boostée par les copines créatives. je vais donc participer au défi de Cap', "mettre en image ses envies". Voilà des mois que je travaille sans presque jamais lever le nez ni de la semaine, ni du week-end, alors je l'ai bien mérité ! (J'avoue quand même avoir décroché une semaine en février, où je suis allée acheter les peintures et le reste du 

 

matériel à Istanbul ! ) 

J'ai un peu galéré pour préparer le "bain" et doser les mélanges, c'est toute une chimie l'Ebru.  Il faut que les couleurs tiennent sur l'eau, sans sombrer au fond. Pour cela on utilise de la bile de boeuf. Dans l'eau on ajoute une sorte d'algue de mer (nouvelle technique) qui fait flotter les peintures à la surface. Ensuite, c'est que du bonheur. On nage littéralement dans la couleur. C'est inratable ! 

J'y ai pris un plaisir incommensurable d'autant plus que ma fille et ma mère se sont jointes à moi. 

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 Le noir et blanc, c'est la production gothique de mon ado de fille :) 

 

Alors vous vous y mettez ? 

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06 janvier 2014

Regain

J'avais presque oublié les clés d'accès du blog. Presque.

Je suis donc revenue  vers  ce blog car j'ai participé à un "échange" bien stimulant et que je devais en parler ici. Je suis revenue et je me suis souvenue. Qu'il avait été important à une époque pour moi. Cette époque est-elle révolue ? Sûrement, peut-être, peut-être pas. Les époques se closent-elles ou tissent-elles subrepticement sous les lignes du présent ? Les cailloux jetés ici ou là ont été importants pour consolider les profondeurs sous-marines, mouvoir les lames de fond, s'élever les vagues, faire voguer l'esquif.  

J'avais résolu de faire un nettoyage du blog, un toilettage comme quand on réécrit le passé. Et puis non, je garde tout. Je vieillis, je m'assagis peut-être un peu, peut-être pas, peut-être trop ou pas assez. Et je me disais en même temps que je rouvrirai bien un autre blog pour y laisser une trace de mes lectures de mes découvertes, parce que la mémoire parfois joue des détours... Mais pourquoi rouvrir un autre blog ? 

Parce que j'ai changé de pays ? Changé - un peu- de vie en troquant l'énergie brouillone et avide et violente de mes élèves des années passées contre autre chose, quelque chose de plus policé, de plus contenu, de moins démuni ? J'ai vaguement relu ce que j'avais écrit l'an dernier et au final je suis fière d'avoir eu la force de bouger pour quitter un lieu qui me désespérait. Faire taire pour le moment le fond de culpabilité de la nomade qui s'offre le luxe de laisser derrière soi l'insoluble. 

Je vais garder ce blog-ci tout compte fait, parce qu'on ne se change pas tout à fait même si on grandit. Garder l'insoluble. En sédiments légers. En bases sur lesquelles construire.

 

Je vous souhaite et nous souhaite une année assez légère pour danser sur les flots mais aussi assez consistante pour vous nourrir. Et que vive l'amour, l'amitié, la tendresse, la fraternité, l'espoir si ce n'est la foi, le courage et la folie d'y croire. 

 

 

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13 février 2013

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: végétal

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Mon vernis s'abîme déjà

Ongles limés

Coquelicots trop pressés

Grippés

Dévégétalisés

 

Je troque les engelures de mes racines

l'enchevêtrement

de mes branches trop vertes

Contre des extrémités rouges

Ecaillées. 

 

(Un tableau de Garance Monziès, huile sur toile 110x140 cm)

 

 

 

Et un poème de Saint-John Perse pour dépasser les 100 mots requis: 

Palmes... !
Alors on te baignait dans l’eau-de-feuilles-vertes ; et l’eau encore était du soleil vert ; et les servantes de ta mère, grandes filles luisantes, remuaient leurs jambes chaudes près de toi qui tremblais...
(Je parle d’une haute condition, alors, entre les robes, au règne de tournantes clartés.)
Palmes!etla douceur
d’une vieillesse des racines... !La terre
alors souhaita d’être plus sourde, et le ciel plus profond où des arbres trop grands, las d’un obscur dessein, nouaient un pacte inextricable...
(J’ai fait ce songe,dans l’estime:un sûr séjour entre les toiles enthousiastes.)
Et les hautes
racines courbes célébraient
l’en allée des voies prodigieuses,l’invention des voûtes et des nefs
;et la lumière alors, en de plus purs exploits féconde, inaugurait le blanc royaume où j’ai mené peut-être un corps sans ombre...
(Je parle d’une haute condition, jadis, entre des hommes et leurs filles, et qui mâchaient de telle feuille.)     Alors les hommes avaient
   une bouche plus grave, les femmes avaient des bras plus lents ;
   alors, de se nourrir comme nous de racines, de grandes bêtes taciturnes s’ennoblissaient ;
et plus longues sur plus d’ombre se levaient les paupières...
(J’ai fait ce songe, il nous a consumés sans reliques.) 

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12 février 2013

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: Imprévu !

Imprévue la défection qui va me permettre d'écouter et de chanter malgré tout, malgré les interdits que je me pose à moi-même, malgré mes casseroles pleines de cailloux bien lourds, avec une superbe et généreuse voix bulgare.

Je plane. Merci Françoise !

 

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11 février 2013

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: "Noir"

Il faisait noir quand je suis entrée au collège ce matin. Il faisait noir quand j'en suis sortie. Entre temps, comme un trou...  noir. Je ne me souviens plus. Enfin plus vraiment. Obscur hivernage.  

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10 février 2013

366 réels à prise rapide: aujourd'hui "note"

10 février est-ce un bon jour pour une note ?  Une note haut perchée, tenue par une voix vrillante.

Une note qui ne juge pas, qui ne dit pas si c'est « acquis » « en cours d'acquisition » ou « non acquis ». Je n'écris plus, je ne chante plus, je note.

J'essaie aussi laborieusement de traduire en français les mots d'un autre. La source s'est-elle tarie ? Suis-je morte à vouloir jouer les passeurs ? Faut-il être ancré quelque part pour faire passer ? Pourquoi est-ce que je n'y arrive pas ? Le pont s'effondre, la voix s'éraille, le souffle n'y est plus. La partition n'est peut-être pas la bonne. Il faudrait une autre note. Demain ? Une autre note ?  

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21 septembre 2012

366 réels à prise rapide - Aujourd'hui: pas envie de

Comme je n'ai pas du tout l'esprit de contradiction, cette consigne me donne plein d'envies.... Alors qu'il y a cinq minutes à peine ?

 

 

 

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20 septembre 2012

366 réels à prise rapide- Aujourd'hui: un outil pour

.... un outil pour lutter contre l'illétrisme. 

C'est sur quoi je vais réfléchir avec certains de mes collègues aujourd'hui. Sans mes fauves.

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19 septembre 2012

366 réels à prise rapide- Aujourd'hui "pensée philosophique"

S'habitue-t-on même au pire ?

Je demande avec angoisse à mes (rares) collègues qui me disent être dans ce même collège de fous depuis 20 ans, pourquoi ils sont restés.
Je pense à cette histoire de grenouille qui, balancée dans de l'eau à 95°, a comme reflexe de fuir, mais qui, installée dans une eau tiède que l'on chauffe lentement, reste...

 

Je suis une grenouille. Et là, il faut que j'aille muscler mes gambettes. A mort la cellulite !

 

 

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366 réels à prise rapide- Aujourd'hui: moment du réveil

La nuit m'a semblé calme. En tous cas, je ne me suis pas réveillée toutes les heures, ce qui est un progrès.

Au réveil, une pensée m'assaille, est-ce un reste de rêve ou bien une rumination tenace, je ne sais pas.

Je me souviens tout à coup qu'Ousmane, l'un de mes élèves de 3ème,  m'a dit au tout début du cours alors que je n'avais pas encore autorisé la classe à s'asseoir: "Madame, il y a de l'acide ici, vous savez, hein vous savez.."

Sur le coup je n'ai pas réagi, j'étais un peu trop occupée à calmer 28 autres hurluberlus dont:

- deux se battaient (pour rire, n'est-ce pas ?)

- une répondait visiblement et intelligiblement au téléphone: non, elle ne parlait pas à sa mère.

-un cherchait à récupérer sa trousse que trois autres se passaient de main en main.

- un cherchait à ramasser sa veste qu'un autre piétinait, à priori volontairement.

- une traitait une autre de "sale pute noire": "oh ce n'est pas une insulte, moi aussi je suis noire".

 

Plus deux ou trois autres bêtises que je n'ai pas vues... il y en avait trop. Vous savez quoi, j'ai réussi à obtenir 30 minutes de travail... je n'en reviens pas moi-même.

 

Ah vous vouliez un poste fixe ? Eh bien en voilà un, tout près de chez vous... ah vous habitez dans un quartier populaire empli de collèges privés, ben prenez tous ceux qui n'y sont pas allés....

 

Bon l'avantage c'est que je rente à pied. L'avantage donc c'est que je vois Ousmane même le dimanche. Avec un peu de chance, il m'expliquera ce que c'était que cet acide dont il voulait me parler.

 

Comme première pensée au moment du réveil, ce n'est pas réjouissant.

 

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17 septembre 2012

Il faut reconnaître...

que j'avais presque oublié les codes d'accès de mon blog...

Presque....


En fait je n'ai pas envie d'écrire car je crains la noirceur de ce qui risque de sortir. Mais bon, c'est ainsi. Alors laissons sortir.

 

 

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09 juillet 2012

Un avant-goût

Une petite visite chez des voisins turcs de la grande couronne parisienne où il y a toujours plein de monde et où l'on est toujours bien accueilli. Il faudrait que je prenne davantage le temps de m'occuper de leurs adorables fillettes qui apprennent tout juste le français. Je ne remplis pas assez mon rôle de "passeur", c'est sûr et m'en veux souvent pour ça.  

Mais c'est l'été, trêve de devoirs ! Vous prendrez bien une part de börek ! Quoi ? Vous voulez partir déjà ? Du travail vous attend ? Peuh... N'imaginez même pas nous quitter sans avoir mangé quelques böreks, quelques pogaça, quelques feuilles de vignes farcies et quelques dolmas.... et sans avoir bu au moins cinq verres de thé...

Un avant-goût de nos vacances..... ça vient ça vient !! 

 

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Tant qu'à arriver en plein Ramadan, je me dis que je veux bien me dévouer pour me faire inviter à un repas de rupture de jeûne... je veux même bien jeûner pour ça.... qu'en dis-tu Anita ? 

 

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366 réels à prise rapide, Consigne du jour "Une liste"

Une liste pour négliger

Une liste pour délaisser

Une liste pour laisser

Une liste pour lâcher

Une liste pour passer

Une liste pour laisser tomber

Une liste à l'imparfait. 

Une liste pour ne plus faire de listes

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