Iles où l'on ne prendra jamais terre

19 avril 2015

Le sourire de la crémière

le sourire de la crémière

 

A Izmir, je n'ai pas photographié mes nombreux cahiers vierges mais le "crémier", son beurre et son sourire en prime. Autrement plus savoureux que des pages blanches... 

Au premier plan, loukoums fourrés à la rose, et entourés de pétales de rose. A se damner. 

Posté par ada_ à 17:27 - Commentaires [5] - Permalien [#]


Des cahiers et de leur provenance

 

Ce n’est pas moins d’une demi-douzaine de cahiers de j’ai achetés à Izmir lors de notre dernier passage dans la ville. Va t-en savoir pourquoi – je n’y ai pas pensé sur le coup- il fallait que mes cahiers soient de facture turque. Est-ce que je sur-interprète mon geste ? Ce lieu d’achat ne s’explique-t-il pas plus simplement par le fait qu’à Izmir j’ai eu le temps de flâner dans les librairies et les papeteries, et surtout eu le temps de penser à ce besoin impérieux de me remettre à écrire ? A moins que je n’aie bassement calculé, que tant de cahiers aux reliures diverses, en cuir, en dorure, en arabesques, en carton dur, me coûteraient moins chers avec la livre turque ? Va savoir…Mais que veut dire "coûter" ? 

J’ai inauguré l’un d’entre eux en recopiant consciencieusement quelques pages de l’Eté de Camus, celui où il parle de son regard sur sa terre algérienne. Je me disais que mettre mes pas dans les mots d’un autre m’ouvrirait peut-être le chemin .  De retour à Bruxelles, j’ai aussi inauguré une page et l’ai laissée inachevée pour cause d’urgence, (oui tu dois corriger ces copies maintenant, cesse de folâtrer !) Les mots de Camus n’étaient peut-être pas les bons pour moi à ce moment-là, ou peut-être est-ce que cela mettait la barre trop haut ? Rabaissons-la un peu. Un blog, même mal fichu fera aussi bien l'affaire. En tous cas, il faudra sortir des non-dits, des mal-dits, histoire de chasser la maladie... 

Posté par ada_ à 12:09 - Commentaires [5] - Permalien [#]

29 décembre 2014

ZOU !

J'ai lu Zou de Anne Véronique Herter dans des circonstances difficiles, à l'hôpital, au chevet de ma fille.

Ce ne devait pas être les conditions idéales.

On y fait la connaissance de Chance, l'héroïne, à un moment décisif de sa vie, celui où sa famille doit vendre la propriété familiale qui a été le témoin des vacances de son enfance. Or cette maison représente beaucoup pour Chance: dans ses pierres sont inscrites les destinées de chacun des membres de la famille depuis l'arrière-grand-père, un peintre américain qui est tombé en amour pour cette belle région qu'est la Bretagne.

C'est une famille passionnante mais aussi fortement toxique (comme toutes les familles ?) que celle de Chance. L'attachement à cette maison représente aussi tous les noeuds que l'héroïne qui se croit maudite même si son prénom clame le contraire, n'est pas parvenue à défaire alors qu'elle atteint la quarantaine. Il faut dire que sa naissance a suivi de peu la mort d'un frère idéalisé par toute la famille et surtout par la grand-mère. Un frère absent auquel l'héroïne ne peut donc jamais se mesurer directement mais auquel tout et tous (croit-elle ?) la ramènenent et en particulier cette grand-mère, femme malheureuse qui se complet dans la douleur de la perte en entretenant de ce fait celle de sa famille. Chance est tombée dans ce piège et traîne sa vie plus qu'elle ne la construit.

A la suite de cette vente forcée commence alors ce que mes amies blogueuses (Stephie, Leil...) ont appelé une sorte d'analyse. Cette analyse se fait -évidemment- par l'écriture d'un livre. C'est probablement le point qui m'a le plus agacée d'ailleurs, un peu comme si on voyait les fils blancs de l'analyse. Beaucoup de voix s'invitent à cette analyse, certaines justes et fort lyriques que je vous laisse découvrir, d'autres encore une fois cousues de fil blanc comme celle de l'ordinateur sur lequel Chance pianote avec difficulté son récit libérateur.

Le but bien entendu est de parvenir à l'expression du titre, au passage à l'action, au « ZOU  ! » encourageant. Chance y parviendra-t-elle ? Quels chemins devra-t-elle suivre, sur quelles pierres blanches ou grises , quelles touches du clavier, quelles voix disparues, pourra-t-elle s'appuyer ?

 

C'est un joli premier roman qui aurait dû me parler davantage: je suis en effet moi-même née après la mort d'un frère que tout le monde m'a présenté comme étant beau comme le ciel. Lire l'évolution du personnage m'aurait peut-être intéressée dans d'autres circonstances. Certains passages, je le répète encore une fois, fort lyriques auraient pu me toucher. Mais là je n'y ai malheureusement vu que les tribulations larmoyantes d'une gosse de riche ayant perdu un peu de sa richesse et qui s'est complue trop longtemps dans le malheur. Bref,  je n'étais probablement pas en état d'accueillir ce livre. Cela dit, cette lecture "obligatoire" m'a occupée un peu, et rien que pour ça, je suis contente de l'avoir lu ce petit roman et d'avoir dû écrire cette chronique pour les Match de Price Minister. 

 

 

Posté par ada_ à 14:41 - Commentaires [19] - Permalien [#]

15 avril 2014

Ebru bleu

 

Voilà presque un an que j'ai envie de me mettre à l'Ebru- ou marbling- technique de peinture sur l'eau. 

Je me suis enfin décidée, peut-être un peu boostée par les copines créatives. je vais donc participer au défi de Cap', "mettre en image ses envies". Voilà des mois que je travaille sans presque jamais lever le nez ni de la semaine, ni du week-end, alors je l'ai bien mérité ! (J'avoue quand même avoir décroché une semaine en février, où je suis allée acheter les peintures et le reste du 

 

matériel à Istanbul ! ) 

J'ai un peu galéré pour préparer le "bain" et doser les mélanges, c'est toute une chimie l'Ebru.  Il faut que les couleurs tiennent sur l'eau, sans sombrer au fond. Pour cela on utilise de la bile de boeuf. Dans l'eau on ajoute une sorte d'algue de mer (nouvelle technique) qui fait flotter les peintures à la surface. Ensuite, c'est que du bonheur. On nage littéralement dans la couleur. C'est inratable ! 

J'y ai pris un plaisir incommensurable d'autant plus que ma fille et ma mère se sont jointes à moi. 

IMG_1550

 

IMG_1576

IMG_1569

 IMG_1578

 Le noir et blanc, c'est la production gothique de mon ado de fille :) 

 

Alors vous vous y mettez ? 

Posté par ada_ à 20:45 - Commentaires [6] - Permalien [#]

06 janvier 2014

Regain

J'avais presque oublié les clés d'accès du blog. Presque.

Je suis donc revenue  vers  ce blog car j'ai participé à un "échange" bien stimulant et que je devais en parler ici. Je suis revenue et je me suis souvenue. Qu'il avait été important à une époque pour moi. Cette époque est-elle révolue ? Sûrement, peut-être, peut-être pas. Les époques se closent-elles ou tissent-elles subrepticement sous les lignes du présent ? Les cailloux jetés ici ou là ont été importants pour consolider les profondeurs sous-marines, mouvoir les lames de fond, s'élever les vagues, faire voguer l'esquif.  

J'avais résolu de faire un nettoyage du blog, un toilettage comme quand on réécrit le passé. Et puis non, je garde tout. Je vieillis, je m'assagis peut-être un peu, peut-être pas, peut-être trop ou pas assez. Et je me disais en même temps que je rouvrirai bien un autre blog pour y laisser une trace de mes lectures de mes découvertes, parce que la mémoire parfois joue des détours... Mais pourquoi rouvrir un autre blog ? 

Parce que j'ai changé de pays ? Changé - un peu- de vie en troquant l'énergie brouillone et avide et violente de mes élèves des années passées contre autre chose, quelque chose de plus policé, de plus contenu, de moins démuni ? J'ai vaguement relu ce que j'avais écrit l'an dernier et au final je suis fière d'avoir eu la force de bouger pour quitter un lieu qui me désespérait. Faire taire pour le moment le fond de culpabilité de la nomade qui s'offre le luxe de laisser derrière soi l'insoluble. 

Je vais garder ce blog-ci tout compte fait, parce qu'on ne se change pas tout à fait même si on grandit. Garder l'insoluble. En sédiments légers. En bases sur lesquelles construire.

 

Je vous souhaite et nous souhaite une année assez légère pour danser sur les flots mais aussi assez consistante pour vous nourrir. Et que vive l'amour, l'amitié, la tendresse, la fraternité, l'espoir si ce n'est la foi, le courage et la folie d'y croire. 

 

 

Posté par ada_ à 10:16 - Commentaires [15] - Permalien [#]



Swap

Un titre en anglais pour donner un nom à des échanges stimulants, revigorants. 

J'ai donc participé au "swap" de Stephie, mon amie plus du tout virtuelle. Au passage la lecture de l'article du Monde sur "l'amitié à l'épreuve de Facebook" m'a fait bien rire. Mon vieux Conte-Sponville, vous manquez cruellement d'imagination ou plutôt de pratique virtuelle...

Bref, Stephie, du blog Mille et une frasques a lancé dans le cadre de ses lectures coquines un swap auquel j'ai adhéré parce qu'il me permettait d'échanger, tisser des liens donc, avec Sabine, mon amie prof de l'Océan indien... Sabine dont je vous recommande le blog, une mine, est aussi quelqu'un que j'admire en secret, mais chut. 

Je ne suis pas sûre d'avoir respecté les consignes de ce swap mais j'ai pris énormément de plaisir à chercher des livres qui pourraient plaire à Sabine. Mon choix s'est porté sur des écritures féminines mettant en scène des femmes fascinantes, fragiles, fortes, coincées et libres: celles de Auður Ava Ólafsdóttir (dont j'avais aussi adoré Rosa Candida) et d'Alice Munro, (découverte grâce à Anita, mon oeil de baleine préféré.)  

J'ai en effet été remuée par la profonde liberté de ces femmes. Et je voyais bien Sabine partir en un voyage déjanté et farfelu (et sensuel...). 

 

Sabine, de son côté m'a gâtée, trop. A tel point que je me suis sentie bien confuse. J'étais tellement obsédée par l'envie qu'elle reçoive son paquet lors de son séjour en France que je n'ai pas eu le temps d'assez le soigner, parant au plus pressé. Alors quand j'ai reçu celui de Sabine, tout bien pensé et tout bien conçu, je me suis sentie bien nulle. Mais bon, j'accepte aussi cela: je sais que je soignerai d'autant plus mon amitié que je me sens redevable de tant d'attentions et de finesse. J'espère que Sabine saura attendre...

 

Alors voyez donc comme j'ai été gâtée: 

Notre colis devait combiner certains mots, moi je n'ai pas tout à fait respecté la consigne... Sabine davantage: j'ai retrouvé les mots "sexy", "secret", "émouvant", "piquant dans son genre" "chaud" "lumineux" "disparu"... 

IMG_4283

 

 

A l'ouverture, j'ai été vraiment mais vraiment très très émue: 

IMG_4288IMG_4289

 

 

Le livre de Shenaz Patel ne peut que me parler puisqu'il évoque le déracinement de tout un peuple contraint de quitter son île. J'ai hâte de le lire... et promis j'en parlerai ici. 

Le chemin des poussières, j'ai déjà continué à le parcourir et suis séduite par cette écriture elliptique à la quête d'un sens et l'évocation de Gandhi. 

Sabine a pensé aussi à me porter pendant mes lectures en m'offrant une lumière... Sur le plan métaphorique Sabine, je trouve cela très très fort... Je ne l'ai pas encore utilisé mais je suis sûre qu'il va m'être utile dans le métro bruxellois où les pannes s'accompagnent de coupure d'électricité (jsute avant les vacances, j'ai lu 20 minutes à la lumière de mon portable :)

Voici la petite lumière  et les marque-page parce souvent, malheureusement on est obligé d'interrompre sa lecture: 

IMG_4292

IMG_4293

IMG_4294

Ma fillette m'a déjà piqué l'un d'entre eux... 

 

Ma lecture sera agrémentée de doux breuvages, Sabine a pensé à tout, avec deux paquets de thés, à la vanille et nature, en provenance directe de Maurice :) et au joli nom de "3 dames"

IMG_4290

IMG_4291

 

Un très joli carnet pour prendre des notes au fur et à mesure de mes lectures... ou y noter des choses plus secrètes.. 

Et un DVD : Chennai Express.... Sabine comment savais-tu que j'en pince gravement pour Sharukh khan hmmm ? Oh la la la ! Merci merci ! 

IMG_4296

 

 

J'ai aussi un joli châle bleu en cachemire, d'un bleu magnifique dont je vous posterai la photo sur modèle (ou pas ?) On la distingue un peu sur la 1ère photo... Elle est superbe Sabine, merci beacuoup !! 

 

Et pour finir sur une note un peu triste, car l'animal a disparu mais tellement poétique: un dodo qui va directement aller sur mon réfrigérateur à côté du magnet d'Alarica. Pour me rappeler notre fragilité et le prix de l'instant présent. 

 

IMG_4295

 

 

Merci Sabine, de tout coeur, pour tant de générosité et de finesse... 

Et au dibale Conte-Sponville qui ne croit pas à la valeur des amitiés "virtuelles"... pffftt... 

 

Posté par ada_ à 10:12 - Commentaires [12] - Permalien [#]

13 février 2013

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: végétal

269378_10151359919780768_323026798_n

 

Mon vernis s'abîme déjà

Ongles limés

Coquelicots trop pressés

Grippés

Dévégétalisés

 

Je troque les engelures de mes racines

l'enchevêtrement

de mes branches trop vertes

Contre des extrémités rouges

Ecaillées. 

 

(Un tableau de Garance Monziès, huile sur toile 110x140 cm)

 

 

 

Et un poème de Saint-John Perse pour dépasser les 100 mots requis: 

Palmes... !
Alors on te baignait dans l’eau-de-feuilles-vertes ; et l’eau encore était du soleil vert ; et les servantes de ta mère, grandes filles luisantes, remuaient leurs jambes chaudes près de toi qui tremblais...
(Je parle d’une haute condition, alors, entre les robes, au règne de tournantes clartés.)
Palmes!etla douceur
d’une vieillesse des racines... !La terre
alors souhaita d’être plus sourde, et le ciel plus profond où des arbres trop grands, las d’un obscur dessein, nouaient un pacte inextricable...
(J’ai fait ce songe,dans l’estime:un sûr séjour entre les toiles enthousiastes.)
Et les hautes
racines courbes célébraient
l’en allée des voies prodigieuses,l’invention des voûtes et des nefs
;et la lumière alors, en de plus purs exploits féconde, inaugurait le blanc royaume où j’ai mené peut-être un corps sans ombre...
(Je parle d’une haute condition, jadis, entre des hommes et leurs filles, et qui mâchaient de telle feuille.)     Alors les hommes avaient
   une bouche plus grave, les femmes avaient des bras plus lents ;
   alors, de se nourrir comme nous de racines, de grandes bêtes taciturnes s’ennoblissaient ;
et plus longues sur plus d’ombre se levaient les paupières...
(J’ai fait ce songe, il nous a consumés sans reliques.) 

Posté par ada_ à 17:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 février 2013

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: Imprévu !

Imprévue la défection qui va me permettre d'écouter et de chanter malgré tout, malgré les interdits que je me pose à moi-même, malgré mes casseroles pleines de cailloux bien lourds, avec une superbe et généreuse voix bulgare.

Je plane. Merci Françoise !

 

Posté par ada_ à 15:59 - Commentaires [1] - Permalien [#]

11 février 2013

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui: "Noir"

Il faisait noir quand je suis entrée au collège ce matin. Il faisait noir quand j'en suis sortie. Entre temps, comme un trou...  noir. Je ne me souviens plus. Enfin plus vraiment. Obscur hivernage.  

Posté par ada_ à 22:25 - Commentaires [3] - Permalien [#]

10 février 2013

366 réels à prise rapide: aujourd'hui "note"

10 février est-ce un bon jour pour une note ?  Une note haut perchée, tenue par une voix vrillante.

Une note qui ne juge pas, qui ne dit pas si c'est « acquis » « en cours d'acquisition » ou « non acquis ». Je n'écris plus, je ne chante plus, je note.

J'essaie aussi laborieusement de traduire en français les mots d'un autre. La source s'est-elle tarie ? Suis-je morte à vouloir jouer les passeurs ? Faut-il être ancré quelque part pour faire passer ? Pourquoi est-ce que je n'y arrive pas ? Le pont s'effondre, la voix s'éraille, le souffle n'y est plus. La partition n'est peut-être pas la bonne. Il faudrait une autre note. Demain ? Une autre note ?  

Posté par ada_ à 18:31 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

21 septembre 2012

366 réels à prise rapide - Aujourd'hui: pas envie de

Comme je n'ai pas du tout l'esprit de contradiction, cette consigne me donne plein d'envies.... Alors qu'il y a cinq minutes à peine ?

 

 

 

Posté par ada_ à 18:22 - Commentaires [7] - Permalien [#]

20 septembre 2012

366 réels à prise rapide- Aujourd'hui: un outil pour

.... un outil pour lutter contre l'illétrisme. 

C'est sur quoi je vais réfléchir avec certains de mes collègues aujourd'hui. Sans mes fauves.

Posté par ada_ à 08:06 - Commentaires [7] - Permalien [#]

19 septembre 2012

366 réels à prise rapide- Aujourd'hui "pensée philosophique"

S'habitue-t-on même au pire ?

Je demande avec angoisse à mes (rares) collègues qui me disent être dans ce même collège de fous depuis 20 ans, pourquoi ils sont restés.
Je pense à cette histoire de grenouille qui, balancée dans de l'eau à 95°, a comme reflexe de fuir, mais qui, installée dans une eau tiède que l'on chauffe lentement, reste...

 

Je suis une grenouille. Et là, il faut que j'aille muscler mes gambettes. A mort la cellulite !

 

 

Posté par ada_ à 18:55 - Commentaires [3] - Permalien [#]

366 réels à prise rapide- Aujourd'hui: moment du réveil

La nuit m'a semblé calme. En tous cas, je ne me suis pas réveillée toutes les heures, ce qui est un progrès.

Au réveil, une pensée m'assaille, est-ce un reste de rêve ou bien une rumination tenace, je ne sais pas.

Je me souviens tout à coup qu'Ousmane, l'un de mes élèves de 3ème,  m'a dit au tout début du cours alors que je n'avais pas encore autorisé la classe à s'asseoir: "Madame, il y a de l'acide ici, vous savez, hein vous savez.."

Sur le coup je n'ai pas réagi, j'étais un peu trop occupée à calmer 28 autres hurluberlus dont:

- deux se battaient (pour rire, n'est-ce pas ?)

- une répondait visiblement et intelligiblement au téléphone: non, elle ne parlait pas à sa mère.

-un cherchait à récupérer sa trousse que trois autres se passaient de main en main.

- un cherchait à ramasser sa veste qu'un autre piétinait, à priori volontairement.

- une traitait une autre de "sale pute noire": "oh ce n'est pas une insulte, moi aussi je suis noire".

 

Plus deux ou trois autres bêtises que je n'ai pas vues... il y en avait trop. Vous savez quoi, j'ai réussi à obtenir 30 minutes de travail... je n'en reviens pas moi-même.

 

Ah vous vouliez un poste fixe ? Eh bien en voilà un, tout près de chez vous... ah vous habitez dans un quartier populaire empli de collèges privés, ben prenez tous ceux qui n'y sont pas allés....

 

Bon l'avantage c'est que je rente à pied. L'avantage donc c'est que je vois Ousmane même le dimanche. Avec un peu de chance, il m'expliquera ce que c'était que cet acide dont il voulait me parler.

 

Comme première pensée au moment du réveil, ce n'est pas réjouissant.

 

Posté par ada_ à 18:50 - Commentaires [4] - Permalien [#]

17 septembre 2012

Il faut reconnaître...

que j'avais presque oublié les codes d'accès de mon blog...

Presque....


En fait je n'ai pas envie d'écrire car je crains la noirceur de ce qui risque de sortir. Mais bon, c'est ainsi. Alors laissons sortir.

 

 

Posté par ada_ à 18:32 - Commentaires [2] - Permalien [#]

09 juillet 2012

Un avant-goût

Une petite visite chez des voisins turcs de la grande couronne parisienne où il y a toujours plein de monde et où l'on est toujours bien accueilli. Il faudrait que je prenne davantage le temps de m'occuper de leurs adorables fillettes qui apprennent tout juste le français. Je ne remplis pas assez mon rôle de "passeur", c'est sûr et m'en veux souvent pour ça.  

Mais c'est l'été, trêve de devoirs ! Vous prendrez bien une part de börek ! Quoi ? Vous voulez partir déjà ? Du travail vous attend ? Peuh... N'imaginez même pas nous quitter sans avoir mangé quelques böreks, quelques pogaça, quelques feuilles de vignes farcies et quelques dolmas.... et sans avoir bu au moins cinq verres de thé...

Un avant-goût de nos vacances..... ça vient ça vient !! 

 

IMG_3739IMG_3749

Tant qu'à arriver en plein Ramadan, je me dis que je veux bien me dévouer pour me faire inviter à un repas de rupture de jeûne... je veux même bien jeûner pour ça.... qu'en dis-tu Anita ? 

 

Posté par ada_ à 10:43 - Commentaires [7] - Permalien [#]

366 réels à prise rapide, Consigne du jour "Une liste"

Une liste pour négliger

Une liste pour délaisser

Une liste pour laisser

Une liste pour lâcher

Une liste pour passer

Une liste pour laisser tomber

Une liste à l'imparfait. 

Une liste pour ne plus faire de listes

Posté par ada_ à 09:03 - Commentaires [3] - Permalien [#]

08 juillet 2012

366 réels à prise rapide: Consigne du jour "Mémoire morte"

Assis sur la terrasse protégée d'un café parisien, nous regardons la pluie. J'écoute mon compagnon, m'enivre de sa belle énergie, me chauffe aux flammes de sa nostalgie, doucement. Il parle de sa petite ville d'enfance ou d'Istanbul, comme à chaque fois qu'il s'arrête un peu avant de courir vers une autre tâche, un autre rendez-vous. Il est prolixe en la matière, ne tarissant pas d'anecdotes: les espiègleries se chassent les unes les autres.

Moi j'ai des souvenirs un peu vagues, pas de source jaillissante. Quelques impressions fugaces et des sensations. Des impressions plus que des actions.

Ma mémoire semble morte, et pourtant, je sais que j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans....

Subrepticement, je me demande si je donnerais des contours nouveaux  à mon âme en trouvant des réincarnations de mots pour mes souvenirs/sensations, en donnant un nouveau corps - audible si ce n'est tangible- à ce qui semble enfoui plus que mort.   

 

Posté par ada_ à 09:10 - Commentaires [6] - Permalien [#]

30 avril 2012

Aujourd'hui : Ce qui craque

Ma salle des profs. Outre qu'elle est moche, elle craque de partout. Je n'imagine pas deux secondes passer mes heures sans élèves là-dedans.

Viens petite fille dans mon comic strip
Viens faire des bull's, viens faire des WIP!
Des CLIP! CRAP! des BANG! des VLOP! et des ZIP!
SHEBAM! POW! BLOP! WIZZ!
J'distribue les swings et les uppercuts
Ca fait VLAM! ça fait SPLATCH! et ça fait CHTUCK...

 

 

 

Posté par ada_ à 22:27 - Commentaires [16] - Permalien [#]

22 avril 2012

Comment peut-on être français...

Mon franco-turc de mari a voté pour la première fois de sa vie aujourd'hui. Cela fait des années que je le travaille au corps, l'inscription sur les listes électorales a été le premier pas. Cela a été de haute lutte. Si tu ne veux pas tu ne voteras pas, lui disais-je, mais au moins tu seras comptabilisé parmi les abstentions, ce qui aura plus de sens que de ne même pas exister sur les listes électorales. Lorsque nous avons reçu sa carte, j'ai vu qu'il était content quand même et j'ai ressenti cela comme une réelle inscription en France. Je n'étais pas sûre qu'il viendrait ce matin, pourtant il a suivi la campagne avec beaucoup d'attention. Puis il est venu...

J'avoue que j'étais drôlement heureuse de parler en turc avec lui dans le bureau de vote. Oui je me sens tout à fait française aujourd'hui. Et lui aussi. Enfin.... A sa manière,  en n'étant pas fier de quoi que ce soit.... pas besoin, d'être français tout simplement:  en râlant.... à la française quoi... 

Et moi cette France-là, je l'aime. 

Posté par ada_ à 14:35 - Commentaires [8] - Permalien [#]